S’il devait n’en rester que 3… Courts séjours en Europe.

Partir à Bangkok ou Mexico pour un week-end de pâques, c’est un peu juste. Du coup, je te donne trois idées de destinations pour découvrir de nouvelles contrées en seulement quelques jours! 3 villes, 3 pays, 3 ambiances! Prêts à décoller?

1 – Édimbourg, entre fête et culture

J’ai eu la chance de voyager en Écosse en juillet 2017, pendant le festival d’Édimbourg où je suis restée quelques jours. J’ai séjourné au CASTLE ROCK HOSTEL, une auberge de jeunesse peu onéreuse et vraiment parfaite, notamment – mais pas seulement – pour celles et ceux qui voyagent seuls. Pourquoi? Des activités tous les soirs pour favoriser les rencontres sont organisées: du bière-pong aux visites nocturnes de la ville par un conteur qui te fera frissonner, impossible, si c’est ton souhait, de ne pas t’intégrer à un groupe, où d’en former un!

Et la ville en elle-même mérite le détour: de la musique live dans des pubs conviviaux, une architecture digne d’un film d’Harry Potter – d’ailleurs, c’est là-bas que J.K. Rowling a écrit son best seller – et même une mini randonnée sur Arthur Seat, où tu pourras avoir un joli panorama.

Infos pratiques: J’avais payé environ 170 euros pour un aller-retour depuis Paris, dortoirs pour une dizaine d’euros (attention, bien plus cher pendant le festival!)

Insolite: si tu veux te faire tatouer à Édimbourg, le salon Tribal Body Art Tattoo est très bien (pense juste à prendre rendez-vous un peu à l’avance, il faut verser des arrhes avec paypal).


2 – Naples l’authentique, Naples la sanguine, Naples l’épicurienne

Quand on aime la culture italienne, aller à Naples relève presque du pèlerinage. A Naples, l’Italie du Sud revendique fièrement son identité: on parle fort, on roule en scooter dans des rues étroites, on mange des pizza cuites au feu de bois à toute heure de la journée. On vit, on gueule devant des match de foot, et à chaque coin de rue, les touristes étourdis par l’agitation peuvent contempler des monuments superbement conservés.

A Naples, on prend trois kilos en trois jours, on boit du limoncello souvent offert par le patron, des spritz et des bellinis. Et si on a le temps, on peut aller explorer l’île de Procida, moins prétentieuse que sa cousine Capri, ou encore les ruines de Pompéi, qui laissent un souvenir impérissable.

Petit conseil: si vous n’êtes pas claustrophobes, allez faire la visite guidée des souterrains à la bougie, magique!

Mon cocktail favori, le bellini… Du prosecco (sorte de champagne) et du sirop de pêche. Moins amer que le Spritz mais tout aussi rafraîchissant!


3 – Porto, la douceur de vivre en bord de mer

Voilà comment j’ai vécu Porto: un groupe d’amis, une grande maison à partager, du soleil à profusion, et de la gastronomie locale en toute simplicité.

Porto, pour moi, c’est la langueur. J’ai grimpé les rues bordées de jolies églises dans lesquelles j’ai pris mon temps pour admirer les vitraux et me rafraîchir, j’ai dégusté des pasteis de nata saupoudrés de cannelle à l’ombre d’une terrasse et j’ai profité de la plage sans brûler au soleil car même en été, les températures restent clémentes.

Sur les berges du Douro, dans le quartier de la Ribeira, la ville s’offre à toi sans prétention, et si tu t’éloignes un peu dans les ruelles tu trouveras des restaurants de poisson bons marchés où la fraîcheur des produits – le poulpe grillé, une merveille – te fera saliver… En prenant un peu de hauteur, sur le pont Dom-Luis, la ville te dévoilera avec impudeur son plus beau panorama. Porto, généreuse et hospitalière, semble mettre tout en oeuvre pour ne pas t’agresser et pour faire de ta venue une bulle de quiétude.

Et pour les fêtards, les bars ne manquent pas, bien au contraire! Ils sont quasiment tous regroupés sur deux rues, à partir de la rue Galeria de Paris.

Evidemment, ces trois villes regorgent de mille trésors que je n’ai pas évoqué dans cet article, mais il s’agit pour moi de décrire dans la plus grande subjectivité l’atmosphère que j’ai ressentie lors de mes voyages.

Inde, merci de m’avoir bousculée

Un peu plus d’un an auparavant, l’opportunité d’aller en Inde s’était déjà présentée. Pour la jeune femme que j’étais, à l’époque, c’était impensable. Toutes mes certitudes m’enfermaient même dans cette idée que jamais, au grand jamais je n’irai en Inde. Trop dangereux pour une fille seule, trop oppressant, trop agressif. Pourtant, j’adorais déjà les voyages, et je rêvais d’explorer le monde, mais voilà : c’était un périple qui suscitait chez moi cette peur irrationnelle de l’inconnu. Une peur également emprunte des faits divers concernant le sort des voyageuses dans ce pays, qui semblait peu sécurisant. Mais en novembre dernier, et en un claquement de doigt, la décision fut prise. Dans trois mois, et pendant deux semaines, je serai dans le Kerala, un état du sud, réputé plus doux pour un premier séjour en Inde.

L’excitation à son comble, je suis montée dans l’avion en possession de deux sacs à dos : ce voyage sera nomade. Nomade et peu chic. Pas de maquillage, peu de vêtements, surtout des pantalons amples et souples, parfaits pour l’enchaînement des bus de nuit, des trains, des rickshaws. Kochi m’a accueillie avec un magnifique coucher de soleil alors que je franchissais le Thoppumpady Bridge, le ciel incandescent ne faisant qu’un avec son reflet. Et je suis donc arrivée à destination en pleine nuit, le coeur qui battait la chamade face à un tel dépaysement et tant d’interrogations. La guesthouse a été trouvée très aisément grâce à l’application mapsme sans laquelle mon voyage aurait été bien plus compliqué… Arriver dans une ville qu’on ne connaît pas après le coucher du soleil est assez déstabilisant, surtout pour une femme, qu’on éduque depuis l’enfance à être vigilante dès que la lune prend la place du soleil. Le premier repas est donc avalé à la hâte et le retour à la guesthouse s’est fait, pour ainsi dire, au pas de course !

Au réveil, la magie a opérée. La maison d’hôte était parfaite, avec une terrasse qui laissait venir à moi le chant des nombreux corbeaux, les senteurs matinales chaudement épicées et l’air moite mais néanmoins agréable, qui ne faisait que mettre en synergie tous mes sens. La paix, la douceur, l’harmonie, voici quelles ont été mes premières émotions en Inde. Ces émotions se sont décuplées, au fil des jours et des rencontres. Et même si, comme nous allons le voir, elles n’ont pas toujours été des plus gaies, elles ont eu le mérite de me faire vivre mon humanité, profondément. Et si c’était à refaire? Je repartirais, demain.

On m’avait dit que… L’Inde était belle

L’Inde n’est pas belle, elle est magistrale. Je n’ai eu qu’un petit aperçu de ses merveilles, mais ce que j’ai eu la chance d’entrevoir et d’admirer m’a tellement donné envie d’y retourner. La nature luxuriante, les couchers de soleil parme sur les backwaters, les rues bourdonnantes de vie d’Allepey, les plages hippies de Goa rythmées par le son des tambours, la folie de Delhi où les singes côtoient les vaches et les chevaux; j’ai été plongée dans un perpétuel tourbillon de sons et de couleurs, à en avoir le tournis. Oui, l’Inde est belle. Belle de sa diversité, belle de sa fougue, belle de ses tissus aux mille reflets.

Backwaters, Kerala

A chaque ville son charme, son identité. Mais toujours cette extrême élégance des indiennes drapées dans leur sari. A Kochi, les filets de pêche chinois attirent les rares touristes qui s’interrogent sur leur fonctionnement. A deux pas, le marché bat de son plein, dans une foule marchande et comme à l’accoutumée embaumée par le parfum des épices. A Goa, chaque matin, je déguste mon petit-déjeuner face à la mer, dans un lieu ou règne une atmosphère de paix et de sérénité, orchestrée par une musique de mantra qui pourrait parfaitement accompagner une méditation. Le serveur m’explique, entre deux cafés, les festivités du soir en l’honneur de la déesse Kali, grande prêtresse de la destruction et de la renaissance. Grâce à lui, c’est désormais une certitude. Je retournerai en Inde, à Rishikesh et à Varanasi, afin d’approfondir cette immersion spirituelle qui fut à mon goût, beaucoup trop brève.

Goa, Inde

On m’avait dit que… L’Inde était un pays de contrastes

Derrière la beauté, sont parfois tapies l’injustice et la détresse. Après deux journées d’émerveillement dans les backwaters, je me suis rendue à Munnar, dans les plantations de thé, lieu phare du tourisme dans le Kerala. La route fut longue et tortueuse, mais j’ai vite été récompensée par un superbe panorama, où s’étendaient, à perte de vue, des feuilles d’un vert flamboyant, franc, éclairées par le soleil qui se réfléchissait dans les gouttes de rosée matinale, aux premières lueurs du jour.

Lors du trek qui ne durait que quelques heures, et dans un anglais quelque peu approximatif, j’ai échangé avec le guide, qui ne devait pas avoir plus de 18 ans, sur les conditions de récolte du thé. Thé qui se trouve certainement dans notre placard, entre le pot de confiture et le pot de miel. Il m’a expliqué que l’ensemble des plantations appartenaient au groupe industriel TATA, qui détient plus ou moins tous les secteurs de production du pays. Et vous savez quoi? Les conditions de récolte du thé sont tout simplement révoltantes. Les travailleurs ont un quota de kilos de feuilles à ramasser quotidiennement, et s’ils ne l’atteignent pas, ils ne sont tout simplement pas rémunérés. Pire encore. Lorsque TATA embauche un indien, il lui promet une « maison » – comprendre des planches de taule au milieu des champs – mais, si ses enfants, lorsqu’ils sont en âge de travailler, refusent de récolter le thé à leur tour, toute la familles est tout simplement expulsée. Mon guide m’expliquait également que dans le Kerala, où l’accès à l’éducation est beaucoup plus poussé que dans le nord de l’Inde, les jeunes indiens ont des aspirations qui les amènent à vouloir poursuivre leurs études. Le groupe TATA va donc chercher des travailleurs dans le nord où la population est par endroit dans une situation d’extrême pauvreté, et donc, plus facilement exploitable. A ce terrible tableau s’ajoutent les litres de pesticides vaporisés sur les champs – que j’ai pu d’ailleurs apercevoir pendant le trek – évidemment sans aucune protection pour les employés, complètement exposés aux produits chimiques. Toujours selon le guide, les plantations de thé biologiques sont très rares en Inde et beaucoup plus étendues, par exemple, au Sri Lanka.

Alors oui, l’Inde est majestueuse, elle vous offre des spectacles à couper le souffle. Mais il me semble bien superficiel de profiter de sa lumière sans prendre conscience de ses ombres, et oublier que l’Inde est aussi duale.

Munnar, Kerala

On m’avait dit que… L’Inde se dégustait

La gastronomie indienne est très variée et savoureuse. Elle s’organise autour des épices et fera le bonheur des végétariens. Les légumes sont cuisinés à profusion, la cardamone danse avec le curry et le safran. J’ai adoré les thalis qui permettaient de découvrir toutes ces saveurs en un seul repas, les chai désaltérants à toute heure de la journée et les lassis sucrés de fruits fraîchement préparés.

Thalis et Chai, Goa

On m’avait dit que… L’Inde était dangereuse.

Cet aspect est certainement le plus délicat à relater, parce que la maladresse pourrait pousser à certains raccourcis qui ne seraient ni justes, ni opportuns. Pour moi, le danger en Inde, reste celui du transport. Mais ma perception est peut-être – sûrement – biaisée par un accident assez impressionnant lors d’un trajet en bus de nuit. Ce qui a d’ailleurs modifié quelque peu mon itinéraire puisque je ne souhaitais plus, après ce qui a été un choc, prendre ce moyen de transport. En Inde, on roule vite, on roule beaucoup, et, on roule… De manière anarchique. Il est bien sûr entendu que ce regard là n’est que celui d’une européenne qui n’a, pour le moment, même pas son permis de conduire ! Mais oui, je dirais, d’après ma courte expérience, que les routes en Inde sont dangereuses. Prenez des bus mais de préférence de jour, et non pas pour des trajets de seize heures…

Quant aux indiens et aux indiennes, et bien, ce sont eux qui ont rendus mon séjour inoubliable. Cette gentillesse, cette bienveillance, mais surtout cette curiosité m’a touchée. Je n’ai pas passé une journée sans un échange, un sourire, et même parfois un présent inattendu. Un collier dans l’avion, offert par une jeune femme de Bangalore, un thé par mon voisin sur la route de Delhi. Toujours, cette même gratitude de connaître un nouveau visage. Toujours cette même volonté de partager, de faire découvrir ce pays plein de contrastes.

L’Inde m’a bousculée parce qu’elle m’a questionnée sur mes propres représentations. Oui, j’ai eu peur, quand deux jeunes indiens ont voulu prendre une photo avec moi dans un train désert qui se rendait à Agra. Oui, j’ai eu peur quand j’étais la seule touriste dans un bus de nuit où des regards curieux remarquaient ma présence. Oui, j’ai eu très peur quand je me suis retrouvée seule, avec mon sac à dos, sur une voie rapide à presque minuit, après l’accident de bus. Oui j’ai ressenti, dans ces brefs moments, un sentiment d’insécurité intense, et jamais égalé dans le cadre d’un voyage.

Mais vous savez-quoi ? Tout s’est toujours bien déroulé. Ces deux indiens dans le train n’ont été ni insistants, ni agressifs. Un voyageur du bus accidenté m’a aidé par des sourires réconfortants et des préconisations pour mon arrivée à Bangalore. L’authenticité et l’humanité de ce voyage a été un formidable pied de nez à chacune de mes peurs.

Alors merci à l’Inde de m’avoir bousculée. Merci de m’avoir fait grandir. Merci d’avoir contribué à mon évolution…

Merci, et à très vite.

Et pour finir, quelques tips…

Dormir à Kochi

Sans aucun doute Christville Homestay. Et le petit-déjeuner keralais inclus dans le prix est une tuerie (10 euros la nuit)

Dormir à Allepey

Kalappura Homestay vaut vraiment le détour, et le responsable de la guesthouse peut organiser pour toi une excursion dans les backwaters hors des sentiers battus. C’est l’option que j’ai choisi – en barque – et je le recommande à 200%! C’est plus écologique, plus respectueux de l’environnement que les House Boat et tu pourras avoir accès à de fins canaux qui ne sont pas accessibles aux grosses embarcations.

Envie de shopping?

Honnêtement, j’ai fait pas mal de shopping à Goa mais assez peu ailleurs. Le Night Market à Arpora est vraiment, vraiment génial.

Une dernière petite remarque, concernant Delhi…

J’habite à Paris, j’ai séjourné à Bangkok où le trafic fourmille, je n’ai jamais vraiment ressenti la pollution, physiquement et « instantanément ». A Delhi, les premières heures, la nécessité de, peut-être, devoir repartir m’a traversée l’esprit. La pollution m’a prise aux poumons, je n’arrêtais pas de tousser, à la limite de la suffocation. Peut-être y avait-il un pic ce jour-là, je ne sais. Mais je te préviens, parce que moi je ne m’attendais pas à ça, et c’est une sensation qui peut générer de l’anxiété.

Delhi, Inde

S’il devait n’en rester que 3 … Livres pour commencer une introspection.

Si tu es un(e) habitué(e) des librairies, tu as certainement pu constater que le rayon « développement personnel » prend de plus en plus de place sur les étagères. Une mode? Certainement. De belles promesses? Aussi. Je reviendrai d’ailleurs dans un autre article sur cette nouvelle industrie du bonheur. Mais, selon moi, tout n’est pas à jeter, loin de là! Tout en gardant à l’esprit qu’on ne peut pas acheter le bien-être, certains ouvrages, en fonction de notre sensibilité et de nos problématiques actuelles, peuvent nous permettre de remettre en question certaines croyances limitantes. Je vous propose de vous faire découvrir un roman, un livre de développement personnel et un livre de « spiritualité » qui ont été pour moi un point de départ – et non pas une réponse – à de nouveaux questionnements.

1 – La tresse, de Laetitia Colombani

La tresse retrace l’histoire imbriquée de trois femmes, qui, sans le savoir, contribuent mutuellement à leur chemin de vie. Trois personnages, trois défis: affronter la maladie dans une société hyper compétitive où un cancer devient un facteur de marginalisation, tomber amoureuse de l’homme inattendu et porter pour sa fille des espoirs d’émancipation dans une société indienne régie par les castes. Un roman court, incisif, précieux. Une triple leçon de résilience, de courage et d’humanité.

A lire avec… Un Chai Latte et un paquet de mouchoir.

Pour qui? Tout le monde évidemment! Mais si tu n’as plus l’habitude de lire et qu’un pavé de 500 pages t’effraie, ce livre est parfait pour toi. Il va à l’essentiel.

2 – Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même, de Lise Bourbeau

Ce livre de développement personnel est le premier que j’ai lu. Je l’ai trouvé accessible, clair. Il permet de dégrossir les notions d’égo, de blessures, de mission de vie… Que l’on retrouve ensuite dans des ouvrages moins « accessibles » ou qui peuvent sembler plus « perchés ». Un bon point de départ si tu as envie d’entreprendre un travail sur toi et que tu ne sais pas par où commencer. Il est à mi-chemin entre la psychologie et le spirituel, ce qui lui donne, je trouve, un côté rassurant.

A lire avec… Un joli carnet et un stylo pour prendre des notes.

3 – A l’écoute de votre sixième sens, de Sonia Choquette

L’auteure nous livre ici ses secrets pour distinguer la peur de l’intuition. En plusieurs étapes, elle tente de démontrer au lecteur que les voyants et les médiums – dont elle fait partie – ne sont pas les seuls à posséder des dons, mais que nous avons toutes et tous la possibilité d’associer notre « mental » à notre « petite voix intérieure » pour faire les choix les plus pertinents. Il est certain que ce livre est moins cartésien que le précédant, et pour un esprit scientifique qui comme Saint Thomas, « ne croit que ce qu’il voit », il nécessitera une certaine ouverture d’esprit. Personnellement, si je n’ai pas adhéré à tout, j’ai trouvé cet ouvrage poétique – notamment dans la description des synchronicités – et en résonance avec ma conception de voir la vie, magique lorsqu’elle est guidée par l’instinct et éclairée par la raison.

A lire avec… Un café pour rester bien ancré

Bonne lecture!

Sisters.

Je suis née dans les années 80, dans une famille somme toute assez classique. Un père ouvrier, une maman qui travaillait comme secrétaire et qui passait le plus clair de son temps libre à s’occuper de ses enfants et de l’intendance de la maison. Très vite, j’ai rejeté avec force ce modèle. Très tôt, je n’ai eu qu’une obsession: partir. Découvrir le monde, voyager, loin de ces tours de béton qui bornaient mon paysage. Du bitume, partout. M’émanciper, devenir autonome, grandir: ce triptyque récité comme un mantra a écourté mon enfance.

Au fil de mon parcours, j’ai de manière plutôt autodidacte découvert le féminisme. Je l’ai revendiqué, avec force, passion, et souvent, colère. A 30 ans passé, j’ai l’impression de commencer à saisir sa véritable essence.

Le féminisme, pour moi, c’est la liberté d’être qui on a envie d’être, et accompagner, revendiquer, garantir cette liberté pour chacune des femmes de cette planète. Qu’on ait envie d’être mère, de ne pas avoir d’enfant, d’allaiter, de ne pas le faire, de porter des talons, de laisser pousser nos poils, de travailler, de faire l’amour, de se raser la tête: aucune démarche n’est plus féministe qu’une autre. Faire nos choix librement, consciemment et aider nos soeurs, nos mères, nos collègues, nos amies, chaque femme que l’on rencontre à faire de même, sans juger, voilà pour moi un acte de militantisme essentiel.

La sororité – quel mot magnifique – je l’ai expérimenté il y a quelques mois lors d’un cercle de femmes proposé au festival Sisterhood in Health avec la magnétique Alexandra. Et ce fut le point de départ d’un cheminement incroyable. Imaginez-vous, cinquante femmes, en cercle, se tenant la main, dans une atmosphère embaumée de sauge blanche, transcendée par une musique nous rappelant étrangement des échos lointains. Je crois n’avoir jamais ressenti une telle puissance. Une telle force. Un tel courage. Ce-jour là, j’ai repensé à toutes ces fois où j’ai entendu des phrases du type « les femmes, entre elles, de vraies pestes! ». D’une banalité affligeante, parfois prononcées par les femmes elles-mêmes, parce que tellement intériorisées et considérées comme une vérité immuable. Ce toutes contre toutes dans lequel on a grandi et dans lequel grandiront nos filles si nous n’y prenons pas garde, cette quasi injonction à nous diviser, la voilà notre plus grande et terrifiante aliénation.

Suite à cette initiation, je n’ai jamais plus arrêté les cercles de femmes. Et tout ce que je peux vous dire, c’est que depuis, j’ai fait les choix les plus nécessaires et les plus exaltants de toute ma vie. Cette lettre que je devais écrire à mon père? Cette demande de mutation en Amérique du Sud? Cette réappropriation de mon propre corps? Des étapes franchies, des défis surmontés en seulement quelques mois.

Les filles, ensemble, nous pouvons tout. Nous sommes fortes, nous sommes puissantes, nous sommes unies. Nous ne sommes pas seules, jamais.

Plus d’infos:

Cercles de femmes avec Alexandra (mais n’hésitez pas à vous documenter pour trouver celui qui vous convient): http://www.moonsisters.fr et plein d’infos sur le compte instagram Moonsisters Paris

On en parle dans… La Puissance du Féminin de Camille Sfez (Petit conseil, aller en librairie et commencer par lire l’introduction pour vous faire une idée.)

Cette vidéo de trois minutes, qui me donne des frissons à chaque fois:
https://www.youtube.com/watch?v=WkOsH2KtW3o

Pour s’inscrire à la session 2019 du festival Sisterhood in Health:
http://www.sisterhoodinhealth.com/

Oser.

Je m’appelle Ludivine, j’ai (presque) 32 ans, et j’ai toujours adoré écrire. Gamine, je rédigeais des poésies sur des coins de cahiers qui ne servaient que peu à mes exercices scolaires. Adolescente, je refusais de faire mes devoirs, mais la seule discipline à laquelle j’acceptais de me plier demeurait l’expression écrite. Ma professeure de français en était flattée, et régulièrement, mes travaux étaient lus à la classe. Brefs moments de fierté dans un parcours chaotique.

Ensuite, j’ai tout simplement arrêté d’écrire pour le plaisir. Je formais des mots par nécessité, pour mes études, pour le travail, pour la vie quotidienne. Sur les réseaux sociaux, de temps à autre, je partageais un point de vue, une idée, une réflexion. Souvent, j’effaçais tout, estimant que ce que j’avais à dire n’engageait que moi. Au final, ça intéressait qui, de savoir ce que je pensais sur le féminisme, la charge émotionnelle, le rapport au corps, la littérature ou l’actualité? Et puis toute cette démarche me semblait bien impudique…

Seulement voilà: j’ai eu 30 ans. Et tout à commencé à changer. J’ai repensé à tout ce que je ne faisais pas par peur. Peur du regard des autres, du jugement, de ma propre voix. Peur de décevoir, d’exprimer mon désaccord, de ne pas être polie. Et qui veut vivre dans la peur?

Ce blog ne sera pas parfait, ça tombe bien, il n’a pas vocation à l’être. Je me donne le droit de changer d’avis et d’évoluer sur tous les sujets que j’aborde. Je parlerai de voyages, de nourriture, d’inspiration, de lecture, et de cheminement.

Bonne lecture, et au plaisir d’échanger avec toi,

Ludivine.