Le risotto aux asperges, secrets d’une recette de saison

Premier article recette sur mon blog, et je vous préviens: les photos ne sont pas du tout professionnelles mais vos papilles seront en extase, promis! Après tout, c’est ce qui compte, non? Je vais vous livrer – avec son accord! – les secrets du risotto de ma colocataire Manon, jeune trentenaire parisienne qui transforme notre cuisine en restaurant gastronomique en un coup de cuillère en bois.

Le retour de courses

19h, Je suis affalée sur le canapé, engourdie par mes leçons de conduites journalières, qui disons-le, me mettent régulièrement les nerfs en pelotte! Manon, guillerette, rentre des courses. Elle me lance « Hey, ça te dit un risotto aux asperges pour ce soir? ». Si ça me dit? Je le connais son risotto. Tout juste si je ne lui ai pas confectionné un autel. Je bondis du canapé. « Et comment! ». Elle déballe les courses et étale sur le plan de travail:

  • Les asperges vertes
  • Les cubes de bouillon de boeuf (alternative vegan => bouillon de légumes)
  • Le bouquet de thym et de laurier
  • Une bouteille de vin blanc sec (pas un grand cru, mais quand même un vin qu’on pourrait boire sans s’étouffer)
  • Du riz arborio (riz spécial pour risotto)
  • Des échalotes
  • De l’huile d’olive
  • Le parmesan (pas obligatoire)
  • SURTOUT PAS DE SEL

Voilà tout pour les ingrédients. Bon, allez, je vous l’avoue. Elle ramène aussi toujours une bouteille de vin rouge. Parce que pendant qu’elle s’affaire joyeusement en cuisine, je la rejoins, et on boit, on se raconte notre journée, on refait le monde et on complote contre le patriarcat.

« Tout est dans le bouillon »

Comme dirait Manon. Faire bouillir de l’eau, une bonne casserole (vous pourrez conserver les restes pour cuire des légumes dans la semaine. Ou faire un deuxième risotto). Mettre deux cubes de bouillon, le bouquet de thym et de laurier, le vin blanc sec (une demi bouteille. Oui, carrément). Laisser mijoter pendant qu’on file s’occuper des asperges.

Couper les asperges en tronçons (environ 2/3 cm) et réserver les têtes qui cuisent plus rapidement. Mettre une poêle à chauffer avec de l’huile d’olive. Faire revenir les tronçons des asperges, puis mouiller à hauteur avec le bouillon. A mi-cuisson, vous pouvez rajouter les têtes. Mouiller une seconde fois. Après, il faut goûter, les asperges doivent rester un peu fermes! Quand elles vous semblent bien cuites, sortez-les du feu!

Faire revenir de l’huile d’olive dans la poêle avec une noix de beurre, et cuire quelques minutes les échalotes préalablement coupées. Puis, le riz. Manon insiste: « il faut que les grains soient légèrement translucides avant de commencer à mettre le bouillon ». Ensuite, verser une première louche. Puis une deuxième, et ainsi de suite, à chaque fois qu’il n’y a plus de bouillon pour cuire le riz. Attention! Il faut remuer tout au long de la cuisson!

Et là encore, même Philippe Etchebest vous le dirait, il faut goûter! Le riz doit être ferme et fondant. Lorsque cette étape est terminée, vous pouvez (enfin!) mélanger les asperges et ajouter le parmesan (deux ou trois bonnes cuillères à soupe).

A table!

On met la table, on termine la bouteille en mangeant, je me ressers une deuxième assiette. Je ne suis pas la seule. Néva, ma deuxième colocataire d’enfer, adore elle aussi ce risotto! Elle aurait même dit à son mec qui voulait lui en préparer un le week-end dernier « mouais, pas mal… Mais moins bon que celui de Manon ». Sorry Bro.

Comme des enfants, on lécherait presque le plat. On sort les fraises pour le dessert, on rit, on s’encourage, on refait encore le monde. Allez, une infusion. Minuit est passé. On va rejoindre Morphée, ragaillardies par le risotto, mais pas seulement.

Pourquoi culpabiliser quand on est malade?

Je vous pose le décor. A l’heure où j’écris cet article, j’ai 38,5 de fièvre, je suis endolorie de courbatures, mon nez ne cesse de couler et ma toux me rappelle régulièrement ma condition. Depuis lundi, je lutte contre le rhume en me disant que cela passera, que « je ne suis pas en sucre », que « le week-end approche ». Mais voilà, ce matin, après une nuit à grelotter dans ma sueur, j’ai enfin osé dire stop, aller chez le médecin qui m’a délivré le précieux sésame, communément nommé « arrêt médical ». Et alors que j’avais prévu d’écrire un article sur les trucs et astuces pour combattre les maux du quotidien au naturel, l’évidence m’a frappée. Ce n’était ni le bon message, ni même ce que j’avais vraiment envie de partager. Cela aurait même été un poil hypocrite de vous proposer des recettes pour prendre soin de vous alors que, finalement, je n’étais pas fichu de le faire. A la place, je voudrais partager avec vous les signaux de SOS que mon corps m’envoyait et les raisons pour lesquelles je les ai ignorés.

Pourquoi j’évite à tout prix de « me mettre en arrêt » ?

C’est drôle parfois, comme les médias – bon, certes, pas tous les médias – colportent des rumeurs, et sous-couvert de statistiques plus ou moins fiables et parviennent à convaincre l’opinion publique. Je suis fonctionnaire et, voyez-vous, en cinq ans, j’ai globalement dû m’arrêter 5, voire 6 jours. Alors que parfois, mon état l’aurait largement justifié. Dans cette société compétitive où la performance fait loi, ne pas se rendre sur son lieu de travail, même lorsqu’on est malade, est disons-le, mal vu. Qui n’a jamais entendu, ou même dit: « Ah, elle est en arrêt. C’est bizarre quand même… Et puis c’est vraiment si grave ce qu’elle a? Moi j’ai eu telle maladie, je suis quand même allée travailler… ». Cette situation, reflète à mon sens deux problèmes majeurs. Le premier est, qu’au final, quand on reproche à une tierce personne de prendre soin d’elle, on est agacé parce qu’en réalité, on aimerait s’autoriser à faire de même. Et il s’agit d’un vrai cercle vicieux… En manifestant de l’empathie et de la bienveillance à l’égard de ses collègues de travail, les chances qu’un jour, on se l’applique à soi sont quand même plus importantes. Ensuite, et il me semble quand même que cet aspect là est le plus problématique, c’est que nous – et je dis bien nous – ne respectons pas notre corps. J’ai attendu 3 jours, en espérant que les symptômes disparaissent pour la simple et bonne raison que j’avais peur du jugement des autres, mais aussi parce que j’ai considéré que celui-ci était plus important que ma propre santé. Et je compte parvenir à ne plus répéter ces deux schémas.

Pourquoi mon corps m’a mis sur stop?

Depuis quelques semaines, je suis super heureuse mais aussi, je l’avoue, un peu surmenée. Entre les leçons de conduite que j’enchaîne à un rythme infernal, les réveils à 5h45, les heures de covoiturage le week-end, et le stress du départ en Amérique du Sud, j’ai comme une baisse d’énergie avant le grand chambardement. Et pour ne rien arranger, je mange mal, je ne fais plus de sport, et la pollution parisienne commence à m’étouffer. Récemment, je me suis dit que je devrais aller faire des courses plus saines, que je devrais prendre du temps pour moi, que je devrais aller au cinéma, au théâtre… Mais je n’ai appliqué aucun de ses conseils avisés que mon corps me réclamait. Et j’ai réalisé ce matin, après une nuit de lutte acharnée contre lui, le je me trompais sur toute la ligne. Mon corps n’est pas mon ennemi. C’est même le partenaire de toute une vie. Et je le sais. Pour les autres, je le sais. Comment dit-on déjà? Que les cordonniers sont les plus mal chaussés? Attention, je ne veux pas dire qu’il faut s’en vouloir de manger des pizzas surgelées et des gâteaux en guise de déjeuner, mais pour ma part, je sentais que j’avais besoin de consommer autrement. Et comme à chaque fois, quand on fait les choses à contre-cœur, on voit rapidement les conséquences poindre le bout de leur nez.

Mon programme des prochains jours

Après ma consultation chez le médecin, j’ai mobilisé mes dernières forces pour aller faire des courses dans mon épicerie bio de quartier. Des légumes, des fruits, de l’huile pour le bain à la lavande, une soupe toute prête aux légumes verts, des tisanes de ma marque chouchou – alias Yogi Tea – je me suis faite confiance pour me diriger vers ce qui me conviendrait le mieux. Je me suis cuisiné un porridge avec des fruits rouges, des bananes, du miel et un peu de pollen, accompagné d’une infusion aux racines de valériane pour dormir un peu. J’ai bien l’intention de consacrer ces prochains jours à me faire du bien, à me reposer, à dormir, à fabriquer des soins maison avec mes produits favoris, le tout sans culpabiliser. Si mon corps est d’accord, j’irai demain à la librairie chercher un livre, ou voir une pièce qui me fait envie, samedi. La semaine prochaine – vive les ponts! – je vais dans le Jura, dans un village préservé cerclé d’une abondante nature. J’adore cet endroit. Si calme.

Pour vous encourager à prendre soin de vous…

En attendant de vous retrouver pour un prochain article, je vous glisse ici des recettes magiques qui sur moi, font des miracles… Même si vous n’êtes pas souffrant(e)s, ce que je vous souhaite, demain, le week-end approche, et peut-être aurez vous envie d’un moment à vous…

Pour le rhume et surtout les maux de gorge, j’utilise... De l’huile essentielle de ravintsara dans une cuillère de miel. Incroyable!

Pour le visage je mélange... Du gel d’aloé vera et de l’huile végétale de jojoba que j’applique en masque une dizaine de minute. Repulpant!

Pour le corps je gomme... Avec du marc de café et de l’huile de coco. Écolo et efficace!

Pour les cheveux, j’applique… Un masque de poudre d’Amla et d’huile végétale (coco, jojoba) ainsi qu’un soupçon d’huile essentielle de lavande.

Notice importante… Les huiles essentielles sont très puissantes, elle peuvent déclencher des allergies, et sont souvent déconseillées aux femmes enceintes, ou pour certaines pathologies. Renseignez-vous bien. Pour le visage, je ne vous conseille pas l’huile de coco, en tout cas, moi, elle me donne de petits boutons! Trouvez vos recettes et amusez-vous!

Détendez-vous, et allez flâner sur cette chaîne =>

Comment j’ai (enfin) trouvé ma gynécologue?

Ma soeur, tu n’es plus seule. Seule face à tes questionnements, seule face à ton désarroi, ou même parfois, seule face à ta détresse. Bien avant moi, de nombreuses femmes ont témoigné des violences obstétriques, des touchers vaginaux non consentis, des remarques condescendantes de leur médecin ou encore du sentiment de ne pas avoir le choix. A mon tour, j’aimerais apporter ma petite pierre à l’édifice du girlpower.

De tous les articles que j’ai rédigé, je crois qu’il est le plus utile, et le plus nécessaire. Récemment, la blogueuse Pêche et Églantine a témoigné dans son article « Le droit de dire non, c’est partout et pour tout le monde » d’une épreuve gynécologique particulièrement douloureuse. Un récit aussi émouvant que révoltant, démontrant que la médecine, lorsqu’il est question du corps des femmes, est encore bien loin des exigences d’empathie, de respect et de bienveillance qu’elle devrait pourtant s’évertuer à remplir. Après des années d’errance et de frayeurs lors de ces examens, je veux aujourd’hui te confier comment j’ai trouvé ma gynécologue.

La mémoire des violences

D’abord, rappelons-nous. Rappelons-nous qu’il fut un temps où les femmes accouchaient leurs sœurs. Qu’elles connaissaient l’art des plantes, des soins, qu’elles avaient des connaissances médicales bien supérieures à celles des hommes. Souvenons-nous qu’en raison de leur savoir, de leur indépendance, de leur pouvoir, elles ont été brûlées. Torturées. Pendues. Si nous avons oublié, notre corps s’en souvient. Suite à ces persécutions, les femmes, contraintes de dissimuler leurs talents, ont continué d’exercer dans l’ombre, et les hommes, seuls habilités à pratiquer la médecine dans une société dramatiquement patriarcale, ont finalement réussi à prendre l’ascendant sur le corps des patientes, et sur leur sexualité. Sans ménagement, ils ont procédé à des accouchements. Sans discernement, ils nous ont accusé d’hystérie. Sans empathie, ils ont malmené nos organes, notre intimité et notre pudeur. Par un militantisme acharné et misogyne, ils nous ont interdit d’avorter. Il n’est donc pas étonnant que certaines femmes, héritières des victimes de sexisme et d’oppression, appréhendent leurs premières consultations gynécologiques, parfois même sans parvenir à mettre les mots sur l’origine de leur angoisse.

Ce poids collectif, ancestral, inscrit dans notre inconscient, est remarquablement raconté dans le podcast d’ARTE Le gynécologue et la Sorcière, que je suis très heureuse de vous partager. Il raconte aussi comment, aujourd’hui encore, on accorde que très peu – ou pas – d’importance aux conséquences des interventions chirurgicales sur l’épanouissement sexuel des femmes, considéré comme secondaire ou inexistant par rapport au plaisir masculin.

A cette mémoire collective, s’ajoute la mémoire individuelle. J’avais environ 14 ans, quand j’ai vu ma mère, qui pourtant ne pleurait jamais, revenir en larmes de son rendez-vous gynécologique. Tremblante, elle a expliqué à mon père que le médecin n’était pas parvenu à lui retirer le stérilet et qu’il s’était acharné. Que la torture avait duré plus d’une heure. Puis j’ai grandi, et moi aussi, j’ai dû me plier aux recommandations de l’OMS et aller faire mon frottis de contrôle. Évidemment, je ne dénigre pas le bien-fondé du dépistage et de la médecine traditionnelle. Il est question, dans cet article, de la manière dont on pratique les examens médicaux en France, d’empathie, et de respect.

J’ai pour ma part eu affaire à une femme – oui, une femme! – toxique lors de « ma première fois ». A peine entrée, elle me lance, agressive,  » Bon allez, qu’est-ce que vous attendez, déshabillez-vous, on va pas y passer la journée! ». Je cherche des yeux, naïvement, une sorte de cabine d’essayage où je puisse ôter mes vêtements. Elle s’impatiente. Je fais ça devant elle, dans son bureau. Elle ne me donne pas de blouse, rien. Elle m’ordonne de m’installer, enfonce sans ménagement le spéculum et pousse de grand cris, en me reprochant l’état de mon col. Je tremble, j’ai peur. Elle me dit « Arrêtez de trembler comme ça, c’est insupportable ». J’essaie, de toutes mes forces, de susciter sa bienveillance en lui confiant mon mal-être. Elle me coupe la parole et m’invective: « Vous avez eu combien de partenaires sexuels? ». Je mens, par réflexe, parce que je sais que la vérité l’aurait rendue encore plus acerbe, méprisante et … violente. Elle me répond, glaciale: « Dans ces cas-là, faut pas venir se plaindre d’avoir des problèmes. ». J’ai sens mes larmes qui montent, je les retiens. Pour rien au monde je ne pleurerais devant elle. Je paye la consultation. Elle veut me programmer un autre rendez-vous, je lui réponds froidement que j’irai consulter un autre praticien. Arrivée chez ma meilleure amie, je pleure enfin. Je lui raconte tout. Ma colère d’avoir été humiliée. Ma honte de ne avoir claqué la porte, en lui balançant au passage ses quatre vérités. Ma résolution que plus jamais, médecin ou pas médecin, je ne me laisserai traiter ainsi. Et c’est là, entre deux sanglots, que j’ai reçu un des meilleurs conseils de ma vie. « Mais pourquoi tu ne cherches pas sur le site Gy&co? ».

Gy&co, comment ça marche?

Le site recense les gynécologues et sages-femmes qui pratiquent la médecine avec une approche féministe, respectueuse du corps des femmes et sensible à la notion de consentement. Un site collaboratif, qui se présente ainsi:

Les repères violet et jaune signalent les médecins conventionnés -secteur 1 et 2 – et les repères vert – peu nombreux – ceux avec dépassements d’honoraires.

Vous pouvez ensuite cliquer sur un(e) gynécologue et avoir ce type d’information:

Je ne sais pas vous, mais quand j’ai vu ce site pour la première fois, j’ai poussé un grand ouf de soulagement. Ma consultation suivante s’est d’ailleurs très bien passée. La femme exceptionnelle qui m’a reçue m’explique en détail les interventions qu’elle s’apprête à faire, me décrit les sensations que celles-ci vont provoquer, et à chaque nouvelle étape, me demande si je suis d’accord. Elle met un point d’honneur à me parler avec bienveillance et douceur, dans son cabinet médical au parfum d’encens. Pour un peu, on pourrait croire que ce rendez-vous médical se mue en un moment pour soi, pour mieux connaître son corps, pour poser des questions, pour se reconnecter à son propre pouvoir. Un moment d’échange, de transmission, où la sage-femme est supérieure à la patiente par ses connaissances et non pas par son statut.

Mais attendez… Ce n’est-ce pas ce qu’on pourrait attendre d’une consultation gynécologique?

Alors, si vous n’avez pas encore trouvé le ou la praticien(ne) qui vous met en confiance, foncez consulter Gy&Co! Collaboratif, il permet aussi de proposer l’ajout d’un(e) gynécologue, éthiquement cohérent(e) avec l’esprit du site, à la liste des médecins référencés. Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas, puisque cela permettra peut-être à des zones géographiques pour le moment un peu isolées d’en bénéficier.

Plus d’infos:

Le site de Gy&co: https://gynandco.wordpress.com/

Le témoignage de Pêche et Églantine: https://pecheneglantine.fr/2019/05/12/le-droit-de-dire-non-consentement/

Pour en savoir plus sur la chasse aux sorcières, Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet

Comment célébrer l’arrivée de l’été?

D’abord, je dois vous dire qu’on nous a menti. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais un jour, nous avons commencé à croire que le printemps qui s’achève était synonyme de privations, de diktats et d’injonctions. Pourtant, si nous replongeons dans nos souvenirs d’enfance, si nous acceptons, ne serait-ce qu’un instant de nous relier à ces sensations refoulées, nous savons. Que le mois de mai est une douce transition vers la lumière, un exhausteur de joie, ce moment magique où s’ouvrent tous les possibles. Dans cet article, je vous propose sept expériences pour accueillir l’été et savourer les semaines à venir.

1 – Apprendre à reconnaître les fruits et les légumes de saison

Des années durant, j’ai mangé des tomates en décembre. Je ne savais pas. Ou plutôt si, je savais, mais je n’avais pas conscience. Des cycles de la nature, de son ordre et de sa perfection. Il ne s’agit pas de tomber dans la moralisation et la culpabilisation – ici, pas de leçon, juste du partage! – mais je constate que consommer des produits de saison a une réelle incidence sur mon moral, mon énergie, mon état d’esprit. Et puis, je trouve formidable qu’en devenant adulte, je continue d’en apprendre sur moi, sur la planète, de remettre en question mes croyances. Je faisais partie de celles qui niaient les bienfaits de l’alimentation issue de l’agriculture biologique, qui haussais le sourcil devant cette nouvelle industrie. Maintenant je prends un réel plaisir à acheter mes fruits et mes légumes, à les cuisiner, à redécouvrir leur saveur. A savoir où ils ont été cueillis, produits, récoltés. Alors, allez-y. A vos fraises, vos pommes et vos rhubarbes. Et n’oubliez pas la chantilly.

2 – S’octroyer du temps pour soi et honorer son corps

« Perdre 5 kilos avant l’été », « Un mois pour être prête pour la plage », « Bikini Body, le décompte ». Ou comment faire de l’arrivée des beaux jours une succession d’angoisses, de doutes, de culpabilité, voire de honte. On a le droit de dire stop. D’arrêter de perpétuer cette croyance nocive arguant que si on ne fait pas une taille 36 et des séances de crossfit, l’été n’est pas pour nous. De refuser de se plier à cette mascarade bien rodée et entretenue, entre autre, par des magasines féminins peu scrupuleux. Alors je vous invite à vous faire plaisir, à regarder votre corps, à penser à tout ce qu’il vous permet d’accomplir. Marcher. Gravir un sommet. Voyager. Jouer avec vos enfants. Faire l’amour. Et dites-lui merci. Vous voulez connaître mon rituel magique? Je prend un bain, avec des huiles, sans mousse. Je dispose quelques bougies autour de la baignoire. A l’occasion, je prend un verre de vin. Et je reste là une heure, à écouter un podcast de Quoi de Meuf? et à rendre hommage à ce corps qui me permet de vivre, de ressentir, de vibrer. Trouvez votre rituel, vous le méritez.

Je vous conseille… Ce podcast:

3 – S’offrir un journal de gratitude

Rien de ne plus normal, de plus naturel, que d’avoir des passages à vide, des moments d’errance, de doute. Comment ressentir la joie sans la tristesse? Impossible. J’aime alors trouver, bien rangé dans ma table de chevet, mon journal de gratitude. Noter les événements ou anecdotes de la journée pour lesquels je suis reconnaissante, qui passent souvent inaperçus mais rendent la vie beaucoup plus jolie. Un coucher de soleil, un sourire, un compliment qui nous a touché, une amie qui nous a tendu la main, tous ces instants fugaces auxquels on ne s’attache pas ou peu, pour ruminer, au contraire, notre colère, notre frustration ou notre déception. Pourquoi ne pas profiter de l’ensoleillement croissant pour apprendre à cultiver la lumière?

Je vous conseille… Cette vidéo:

4 – S’entourer de femmes bienveillantes

Si tu as lu mon article Sisters tu sais que je participe régulièrement à des cercles de femmes avec Moonsisters Paris. Depuis septembre dernier, je me suis sentie accompagnée et portée par une énergie incroyable. Et par chance, ces derniers mois, je suis également en colocation avec deux femmes formidables. Féministes, douces, bienveillantes, en étant à leur côté et en partageant leur vie, j’acquiers chaque jour un peu plus confiance en moi. D’ailleurs, si tu veux tout savoir, elles ont été les premières à m’encourager dans la création de ce blog, et à me féliciter. Avec elles, je ne me sens jamais jugée, et toujours comprise. Je vous encourage à faire de même autour de vous, parce que, comme le dit l’auteur des Quatre Accord Toltèques, la parole est une médecine. Mais son contraire est aussi vrai… Quand on juge les autres femmes, qu’on fait preuve de médisance, soyons honnêtes, cela ne nous fait pas du bien. Bien-sûr, nous ne sommes pas parfaites, mais peut-être pouvons, chaque jour, apporter notre pierre à l’édifice de l’empowerment au féminin par un encouragement, un geste réconfortant, ou un regard complice.

5 – Renouer avec sa créativité

L’arrivée de l’été procure un regain d’énergie, une stimulation des sens, profitez-en! L’heure n’est pas à la frustration, à la privation, bien au contraire. Pourquoi ne pas expérimenter une nouvelle activité? La créativité n’est pas réservée qu’à élite du Do It Yourself! Je vous fais confiance pour trouver celle qui vous conviendra. Avec un tableau d’inspiration par exemple, idéal pour vous (re)poser une après-midi, couper, coller, peindre, et dessiner des visions qui vous inspirent. Faites-vous confiance et amusez-vous.

Sur le thème du printemps, je vous conseille… un tutoriel pour réaliser une couronne de fleurs séchées. Je l’ai repéré sur le blog de Lili in Wonderland, qui j’espère vous plaira autant qu’à moi! https://liliinwonderland.fr/diy-une-couronne-de-fleurs/

6 – Nourrir son esprit en douceur

Personnellement, plus les jours s’allongent, plus je consacre du temps à de nouvelles lectures, des formations, des ateliers ou des conférences. J’adore apprendre de nouvelles notions, me remettre en question, mais j’ai besoin que cela soit ludique. Alors, je varie les supports, en regardant des vidéos Youtube, la chaîne Tystria qui aborde des sujets de « spiritualité », en participant à des salons… Le plus important? Ne pas se donner de limite, ne pas se préoccuper du regard des autres. Garder en tête, surtout, que l’objectif n’est pas la performance. Je me suis trouvée ridicule lors de mon premier cours de yoga, du deuxième, et du troisième, et maintenant je prends beaucoup de plaisir à apprendre de nouvelles postures. Essayez de ne pas émettre d’avis négatif sur ce que vous aimez, ce que vous lisez, en un mot: soufflez!

Je vous conseille…

Une lecture? Le premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi, pour rire et s’émouvoir!

Une expo? Le Grand Palais, à Paris, propose une magnifique expo temporaire sur la Lune. Sa découverte, son mysticisme, sa représentation, vous apprendrez tout en émerveillement.

Une vidéo netflix? The True Cost, sur l’industrie textile ou What the health, sur l’alimentation.

7 – Rechercher la légèreté

Quand je pense à l’été qui approche, je pense aux barbecues, aux apéros entre amis. A la vie qui bourdonne, aux verres qui s’entrechoquent sur les terrasses de café. J’imagine aussi les averses qui, en tombant sur le bitume gonflé par la chaleur, nous font dire que « ça sent la pluie », j’entends les rires qui résonnent sur des bords de mer encore préservés de l’arrivée des plaisanciers. Vous savez, je suis une enfant qui a grandi très vite. Je voulais être adulte pour avoir le droit de tracer mon chemin, pour m’émanciper, pour que ma voix compte. J’ai respecté les règles, j’ai été sage, raisonnable, attendant l’heure de ma libération. Je n’ai pas pris le temps de sauter à pieds joints dans les flaques d’eau. Et j’ai très envie d’apprendre à sauter dans les flaques d’eau. Pas vous?

J’espère sincèrement que cet article vous aura donné envie de profiter des semaines qui viennent, d’accueillir l’été avec enthousiasme et de prendre soin de vous. Encore une fois, vous le méritez…

Un week-end en Bretagne, entre Saint-Malo et Cancale

Lundi 6 mai. Je rentre tout juste d’un week-end prolongé en Bretagne. La valise déposée dans l’entrée, je prépare un thé salvateur après deux heures de train, un métro bondé, et je laisse infuser mes pensées. Comme ces quelques jours ont été doux, comme le retour à Paris est de plus en plus violent! Peut-être qu’un jour, cette ville que j’ai tant aimé saura regagner mon coeur, mais à la veille de ma trente deuxième année, l’appel du large se fait de plus en plus indispensable à mon bien-être. Dans cet article, je te propose de découvrir deux de mes endroits favoris, en espérant que la magie opère pour toi aussi…

L’authenticité du port de Cancale

Pour l’amoureuse des produits de la mer que je suis, Cancale est un petit paradis. Les huîtres s’achètent à des prix à faire pâlir les citadins, le vin blanc se commande au détour d’une camionnette garée sur l’asphalte, et assis sur un muret, on mange, on boit, nos éclats de rire concurrencés par les cris des mouettes et la houle des vagues. On accepte de bonne grâce les boutades de l’ostréiculteur, qui s’étonne « Vous venez de Paris et vous dites bonjour? Mais vous n’êtes pas vraiment parisienne, ma p’tite dame! » et avec le sourire, on récupère notre précieux sésame, un beau plateau dégustation d’une douzaine de fruits de mer. Après un copieux repas, on se dirige vers un point de vue sur les hauteurs, où l’océan s’étend à perte de vue, dans des nuances de bleu infinies.

2 – Saint-Malo, remparts de bois et de pierre

Je mets ensuite le cap vers Saint-Malo, ravie par la beauté du panorama, et immédiatement, je suis saisie par le parfum iodé qui flotte dans l’air. Incroyable comme les embruns ne sont pas les mêmes qu’en méditerranée! Peut-être dû au phénomène des marées, l’iode est partout, omniprésente, enivrante. Je trempe les pieds dans l’eau, m’aventure jusqu’aux genoux, et, après une longue balade sur le sable, je m’offre une marinière dans une boutique locale et mange mon premier kouign amman, un gâteau traditionnel fait de beurre et de sucre. Peu m’importe de tomber dans le cliché, peu m’importe le bikini body, je suis heureuse, je respire, je sens la brise marine insuffler dans mes poumons ce vent de liberté que je chéris. Chateaubriand, si tu m’entends, l’éternité doit être bien paisible, ici… Avant de partir, je m’achemine sur les remparts de cette cité fortifiée, observant ces piliers de bois qui, magistralement, héroïquement, cassent le roulement des vagues et projettent au loin leur écume.

Tombe de Chateaubriand, vue des remparts

De la Bretagne, je ne connaissais que son drapeau, son beurre salé et ses galettes de sarrasin avalées au pas de course dans une crêperie à la décoration kitch, près de la gare Montparnasse. Ces trois petits jours ont suffit à me faire tomber sous le charme de cette région, rustique et poétique, qui m’a offert un peu de crachin, et beaucoup de beaux souvenirs.