La Peur

« Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands » – Ellen Johnson Sirleaf

A l’heure où cet article sera publié, j’embarquerai dans l’avion pour l’Amérique du Sud, très certainement partagée entre l’excitation, la gratitude et la peur face à cette incroyable aventure qui s’annonce. Ces derniers jours n’ont pas été de tout repos, mon mental m’a joué des tours et a immiscé dans mon quotidien des personnages hauts en couleurs, chefs d’orchestre de mes insomnies. Madame la Peur, majestueuse, a ri d’un air cynique devant ma naïveté, celle de penser que je pouvais lui échapper, et accompagnée de ces fidèles comparses Angoisse et Doute, m’a donné de bien bonnes leçons. J’ai cohabité avec elles pendant près de trois semaines, et alors que je commence à leur dire au revoir et les quitter, pour je le sais, un jour, les croiser de nouveau, je voudrais partager avec vous ce qu’elles m’ont révélé.

Avoir peur de… La peur.

Vous connaissez peut-être la fameuse « loi de l’attraction », popularisée par le best-seller Le Secret? Cette philosophie selon laquelle on attire ce que l’on vibre, et que l’univers nous renvoie quotidiennement ce que nous dégageons à travers notre énergie? Je suis assez sensible à cette théorie, et j’ai à de nombreuses reprises constaté que lorsque j’agissais dans une intention teintée de positivité et d’assurance, tout en me détachant du résultat, j’obtenais souvent de jolies synchronicités, des résultats au-delà de mes espérances.

Alors évidemment, à l’approche de ce grand départ où avoir peur est, je pense, assez légitime, je m’efforçais d’avancer, sourire aux lèvres, « tout va bien Madame la Marquise », cochant frénétiquement les petites cases de mes to do-list, mais ne parvenant pas à fermer l’oeil, me demandant à quel jeu pouvait bien s’amuser Morphée. Il n’est pas nécessaire d’avoir une certification en psychologie pour comprendre que j’avais en fait peur de… La peur. Par tous les moyens je l’évitais, usant de stratagèmes plus ou moins grossiers, comme faire la fête ou m’allonger léthargique devant des séries télévisées. Mais la Peur, la vraie, on ne peut pas l’éviter bien longtemps. Et plus le déni est important, plus elle se renforce, attendant son heure pour t’enseigner, enfin, ce qu’elle a à t’apprendre.

La Peur, amie ou ennemie?

Ne jamais avoir peur, pourtant, serait bien périlleux. Parfois, elle nous protège. Elle nous maintient en vie, en nous chuchotant à l’oreille des conseils avisés, et ce depuis l’enfance. Ne pas caresser ce chien qui grogne, ne pas escalader cette falaise à main nue sans entraînement, ne pas suivre des inconnus dans la rue: peur et prudence se conjuguent, alimentées par l’instinct et l’intuition. Mais souvent, la crainte n’est que pure projection de « Et si…? ». Et si je n’étais pas capable de relever ce défi qui s’annonce? Et si je me retrouvais seule? Et si je tombais malade? Et si, et si, et si… De simples suppositions, sensées nous préparer aux pires éventualités, comme si en anticipant les difficultés et en vivant dans l’angoisse, nous contrôlerions mieux une situation pénible si, un jour, elle venait à se présenter. Ah, cette épineuse question du contrôle, ce besoin de sécurité alors même que l’on rêve d’aventures et d’exaltation, jolie contradiction! On souhaite se protéger, pourtant, quand elles nous dominent, les angoisses, les doutes, les remises en question de nos aptitudes ne font que fragiliser nos fondations, et nous rendent moins solide.

Dans le même temps, ces émotions inconfortables nous parlent aussi de nous, de nos fêlures, nos blessures, nos chagrins d’enfant, de ces conflits non résolus qui se présentent à nouveau pour que l’on puisse évoluer, grandir, et apprendre. C’est pourquoi il peut-être très difficile de les confier, de les révéler ou même de s’y confronter sans tomber dans la superficialité. Par pudeur ou stratégie d’évitement, on cherche à s’en débarrasser, quitte à revivre sans cesse les mêmes situations.

La question n’est alors peut-être pas de savoir si la Peur est ennemie ou amie. Elle est. Tout simplement. Et elle repointera son nez à intervalles plus ou moins réguliers au cours de notre vie. L’important étant, à mon avis, qu’elle ne détermine pas nos choix de vie. Au fond, on sait ce que l’on veut vraiment, ce qui est bon et juste pour nous. Ce qui nous anime.

Du coup, on fait quoi?

Vous savez à partir de quand j’ai commencé à aller mieux? Quand j’ai accepté que j’avais peur et que je me suis autorisée à traverser cet état. Mais il n’a pas suffit que je confie mes craintes à mes proches. Non, il a fallu que je m’autorise à pleurer, parce que j’en avais le droit. Que je me dise que j’allais vivre ces émotions le temps qu’il faudrait, et que ce n’était pas grave, parce que je savais, profondément, que la décision que j’avais prise était la bonne, quand bien même elle impliquait un grand chambardement émotionnel. J’ai commencé à voir mon moral remonter en flèche quand je me suis dit: d’accord, vas-y, sois triste. ». Étrange, n’est-ce pas?

Evidemment, je parle ici de mon état de stress passager, et non d’un état dépressif ou de déprime constant sur lequel je ne peux m’exprimer n’ayant ni les compétences, ni les connaissances requises.

Quand je serai grande, je voudrais…

Etre une wonder woman, avoir toujours le sourire, diffuser son optimisme, s’assumer, et avoir encore de l’énergie pour être performante au travail, supporter moralement ceux qu’on aime et vivre de ses passions, sur le papier, cela semble très valorisant. Honnêtement, certains jours, j’aimerais tellement être cette femme-là. Parfois, j’ai l’impression que c’est le cas. Mais le reste du temps, je me contente d’être humaine, et c’est aussi très bien comme ça.

Si de plus en plus de grandes enseignes louent les mérites de tous les corps, si les discours autour du body positive fleurissent – et c’est tant mieux! – j’ai la désagréable sensation que cette obsession de la perfection s’inscrit aussi désormais dans le registre émotionnel. Il faut être heureux tout le temps, positif, altruiste, forts, supporter la charge mentale – pour les femmes -sans se plaindre, bref: être un vrai petit bouddha des temps modernes. En renvoyant au placard nos parts d’ombre, on se prive aussi de notre authenticité, et niant la tristesse, on rend la joie sans saveur, et refusant d’admettre ses peurs, on oublie également le nombre incommensurable de fois où nous avons fait preuve de courage. Et c’est plutôt dommage, non?

Pour finir, et si le sujet vous intéresse, je vous mets en lien une vidéo que j’aime beaucoup sur la « gestion » des émotions.

Partir vivre en Amazonie: qu’est-ce que j’emporte avec moi?

Voilà, nous y sommes presque. Dans un mois, nous serons dans l’avion pour une nouvelle page qui s’ouvrira en Amérique du Sud, à près de 8000 kilomètres. Au-delà du simple fait de partir, de sortir de ma zone de confort, je trouve très excitant que cette aventure m’ait conduite à avoir une vraie réflexion sur ce que je possède. En six mois, j’ai fait beaucoup, beaucoup de tri. Je me suis séparée de mes meubles, d’un grand nombre de mes affaires, puisque je n’emporte avec moi que deux valises et un sac à dos. Je vous propose dans cet article de vous dévoiler mon organisation!

Petite aparté avant de commencer: comme vous allez le constater, je me suis séparée de certains objets pour en acheter de nouveaux. Là aussi, cela amène à réfléchir… J’ai passé de nombreuses années à trop consommer, et à mal consommer – manque d’éthique, de durabilité, de praticité. J’ai essayé de faire mieux, même si le résultat est encore loin d’être parfait! Mais les plus grands changements ne se font pas du jour au lendemain, ils prennent du temps…

Les contenants

Alors, il va falloir la jouer serré. J’ai droit à deux bagages en soute, j’y mettrai mon sac à dos de baroudeuse et une très grosse valise. Pour les bagages cabine, j’ai une petite valise, et un sac où je mets mes papiers d’identité, livres, carnets, stylo, un foulard si la climatisation est trop forte dans l’avion, et une trousse avec quelques produits de beauté en format voyage. Si vous êtes en sandales, un conseil, prenez des chaussettes!

La grande valise correspond aux dimensions maximales autorisées par Air France, elle fait 106 litres. J’ai acheté la mienne pendant les soldes sur le site de rayon d’or, mais ils sont en rupture de stock. J’y range tout ce que je n’utiliserai pas jusqu’à mon arrivée en Guyane. Une fois qu’elle est fermée, je n’y touche plus! Si vous voulez tout savoir, je viens de sceller la fermeture, et elle est vraiment très lourde. Trop. Si elle n’explose pas, cela en dira long sur la qualité!

=> Pour info, avec Air France, j’ai droit à 23 kg par bagage en soute et chaque bagage ne doit pas dépasser 158 cm (hauteur + longueur + largeur). J’espère qu’ils font une moyenne des deux, parce que sinon l’arrivée à l’aéroport va être fun – je me vois déjà en train de transférer mes affaires d’un bagage à l’autre!

Mais l’achat le plus important pour moi est inévitablement mon sac à dos. J’ai l’intention de beaucoup voyager et de partir explorer les environs! J’avais envie d’un sac solide, pratique et recommandé par un backpackeur aguerri. J’ai donc choisi sans trop d’hésitation celui présenté par Alex Vizeo dans cette vidéo:

J’ai l’habitude de voyager léger, donc là, j’ai l’impression d’être très chargée! Mais il faut que je me fasse une raison, je ne pars pas en voyage, mais bel et bien vivre et travailler sur un autre continent!

Ce que je garde…

Le climat est humide et chaud, et même si je ne sais pas encore vraiment à quoi m’attendre je prends avec moi mes vêtements d’été et un ou deux pulls (pour les soirées, les endroits climatisés…). Je pense qu’il n’est pas très intéressant et très utile que je vous fasse un inventaire complet, vous vous doutez bien que j’ai pris des sous-vêtements et une brosse à dents!

Par contre, le plus difficile a été de choisir les objets auxquels je tenais émotionnellement. Pour que je puisse retrouver dans ma nouvelle maison des repères familiers… Je n’ai pas pu me séparer de mes guides de voyage et de certains livres. Et pourtant, ils pèsent une tonne. J’ai aussi gardé des cadres trouvés dans une brocante à Budapest avec ma meilleure amie. Des photos. Une théière en fonte. Une petite boîte à bijoux chinée en Inde. Des photos, des cristaux, un bâton de sauge. Un socle pour les bâtonnets d’encens confectionné par ma voisine qui avait un atelier de poterie. Une tasse offerte par ma mère. Des objets qui ont du sens. Chacun d’entre eux me renvoie à un souvenir, me procure joie ou apaisement. Ainsi, j’ai pu déterminer leur utilité.

D’après Marie Kondo, c’est une bonne méthode.

Dans mes bagages, j’ai aussi pris ma nouvelle liseuse, que j’ai reçu en cadeau de départ de la part de mes supers collègues de travail – si vous passez par là, merci encore, j’ai commencé à me faire une petite sélection de livres numériques!

Et puis, j’emporte aussi tous les indispensables de mes voyages en sac à dos, j’avais d’ailleurs fait un article à ce sujet!

Mes petites trouvailles…

Ces dernières semaines, Vinted et moi, nous avons été très proches! Je ne suis pas parvenue à y trouver des bagages de seconde main qui me convenaient, mais par contre, je n’ai pas mis un pied chez Zara ou HetM! Depuis que j’ai vu The True Cost, je vous jure, je ne peux plus… Alors mes achats sont loin d’être parfaits, mais le changement est quand même très significatif! Grâce à l’application j’ai récupéré un short en jean Levis, un épilateur électrique neuf, une robe, un débardeur, un pyjama Princesse Tam-Tam, des Converses noires.

Et puis, je ne pouvais pas partir en Guyane sans bottes de pluie. J’ai pris celles-ci pendant les soldes, et je les adore! Elles viennent de la marque Aigle qui fait un effort de transparence en présentant une charte environnementale sur son site internet.

Dans la catégorie achat, et toujours pendant les soldes, j’ai acheté un nouvel imperméable. De bien meilleure qualité que le précédant, que j’avais trouvé chez décathlon pour environ 10 euros, mais la marque n’est pas clean au niveau des conditions de fabrication et je ne vais donc pas en faire la publicité…

En terme de trousse à pharmacie, j’ai ajouté à ma collection deux nouvelles huiles essentielles: la citronnelle pour éloigner les moustiques et le basilic tropical pour soigner les troubles intestinaux!

Enfin, j’ai dévalisé Mademoiselle Bio avant de partir et j’ai tellement refait mon stock que j’ai eu plein de produits offerts! Dans les commentaires, n’hésitez pas à me dire si vous voulez que je détaille les produits bio que j’utilise au quotidien dans un autre article, je le ferai avec grand plaisir!

Est-ce que j’ai pensé à tout?

Bien-sûr… Que non! Je sais que vais devoir improviser. M’adapter. Apprendre. Comment penser une seule seconde que j’aurai dans mes bagages tout ce dont j’ai besoin pour une vie que je ne connais pas encore et pour laquelle je ne suis pas prête? Mais cela fait partie des charmes de l’aventure, celle qui te donne le vertige devant l’inconnu!

Un week-end au lac de Côme

Italie… Merci de m’avoir accueilli sur tes terres une fois de plus. J’ai eu la chance de célébrer mes 32 ans enveloppée par ta douce chaleur, charmée par ton accent chantant, fascinée par la beauté préservée de tes ruelles et rassasiée par tes mets savoureux. De toi, je connaissais déjà la fougue napolitaine, l’élégance florentine, et les canaux vénitiens. Quelques printemps auparavant, tu m’as présenté ta cousine Sicile, qui m’avait conquise par son volcan, ses criques désertes et ses villages enclavés où je me suis saoulée au Nero d’Avola, le meilleur vin du monde. Mais cette année, avant de quitter l’Europe dans quelques semaines et de se dire adieu, à Côme, je t’ai retrouvée. Plus belle que jamais, sincère et romantique. Alors, Italie, j’espère que tu ne m’en voudras pas de révéler au monde l’intimité de notre escapade, et les attraits de ta Lombardie…

Varenna, ma belle…

A la découverte des villages de Menaggio, Bellagio et Varenna

Je quitte la grisaille de Thonon-les-bains avec Arnaud, aux alentours de 8 heures du matin, un samedi de juin. Alors que nous empruntions les routes alpines sous la pluie battante, nous arrivons dans le petit village côtier de Menaggio avec le soleil. Comme pour nous souhaiter la bienvenue, le ciel se dégage enfin. Après plus de cinq heures de voyage sur des chemins sinueux et escarpés, et seulement un café en guise de petit-déjeuner, nous avons très, très faim. Par chance, je crois qu’il n’existe pas d’endroit sur terre plus propice à la gourmandise que l’Italie. Nous vagabondons à la recherche d’une trattoria, et nous faisons finalement escale dans un bar à vin – évidemment, je suis ravie – où nous nous régalons! Nous partageons deux foccacias, l’une au salame piccante, l’autre à la pancetta et à la crème de truffe. Ces espèces de fougasses locales, accompagnées d’un verre de vin et d’un café, sont un pur délice! En nous promenant dans les étroites ruelles, nous arrivons sur la place principale, où je déguste une glace artisanale à la pistache. Il est 16 heures. La chiesa de cette bourgade du lac Côme sonne enfin les cloches de mon été.

Menaggio est la première des trois petites villes que nous projetons de visiter. Le lendemain, nous nous rendons à Bellagio, très touristique évidemment, et très guindée. Après tout, nous ne sommes qu’à quelques pas de la villa de Georges Clooney, qui avait d’ailleurs, ce week-end là, été gracieusement prêtée au couple Obama pour un peu de dolce vita. Charmante cité italienne, mais à mon sens détrônée par sa voisine Varenna, qui a fait chavirer mon coeur. Parfois, il est difficile d’expliquer rationnellement ce qui relève de l’émotion. Pourquoi Varenna? Je ne saurais le dire. Toute aussi belle que Bellagio, mais peut-être un peu moins prétentieuse et ostentatoire, elle est dominée par la nature, les murs de lierre, et dégage une énergie follement douce et langoureuse. Nous nous confions que nous aurions bien dormi dans ce village, où les lieux semblent aménagés pour la procrastination et la détente… Mais nous prenons notre bateau et nous rejoignons notre petit hôtel, à Gravedona, où il fait bon vivre, loin des sentiers les plus touristiques.

Menaggio. Sur la place, vous pouvez voir le glacier artisanal, derrière moi!
Au loin, Varenna
Sur les hauteurs de Gravedona, au coucher du soleil…

Entre gastronomie locale et randonnée, mes coups de coeur

Samedi soir, nous profitons d’une fête de village « Colico in Cantina ». Le principe? Pour 15 euros, on vous donne une carte à enfiler autour du cou à l’aide d’un simple cordon, un verre en bandoulière, et vous pouvez faire un itinéraire de sept escales de dégustation de vins italiens. Prossecco, blanc ou rouge, tous sont mis à l’honneur! A chaque cave, vous attendent aussi charcuteries et fromages. Si, vous le souhaitez, vous pouvez, en supplément, vous restaurer d’une cuisine locale allant de la pizza au feu de bois, à la polenta en passant par le tiramisu et les bruschettas! Une soirée vraiment parfaite, où nous ne croisons que très peu de touristes, beaucoup de chaleur humaine et de performance musicale. Une guinguette populaire comme je les aime tant…

Notre plaisir gustatif se poursuit à la tombée de la nuit, dans une ferme dite « agritourisme », où nous réservons, avec un accent approximatif, pour la soirée. A l’écart des rives du lac, dans un jardin arboré, nous attend notre table, progressivement garnie de bresaola, de la mozzarella grillée, de polenta aux courgettes, de gnocchis à la sauge, de tagliatelles fraîches au parmesan et de desserts à faire pâlir les amateurs de cuisine italienne. De l’entrée au dessert, nous sommes transportés par la qualité des plats, la générosité des portions, et surpris par les prix, qui étaient très raisonnables.

Minuit. J’ai 32 ans. Nous trinquons au permis que je viens d’obtenir et à notre départ en Amérique du Sud qui approche, étourdis par les bulles de ce crémant italien que j’affectionne particulièrement.

Le lendemain matin, nous admirons une dernière fois le panorama lors d’une petite randonnée, ou plutôt une longue balade de 11 kilomètres. Pendant quatre heures, nous sommes émerveillés par la majesté du lac de Côme, d’un bleu profond, qui nous somme de venir nous rafraîchir et d’apaiser nos peaux rougies, exposées à la chaleur cuisante. Enfin, au détour d’une ruelle déserte et ombragée, nous pouvons nous baigner. La Greenway Del Lago est ponctuée de sentiers à travers les villages, dans les hauteurs mais aussi le long des ports. A me remémorer cette journée, une pointe de nostalgie et de gratitude m’envahit. Quelle chance j’ai eu, de fêter mon anniversaire ainsi!

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce court séjour au lac de Côme. Nous aurions pu y rester deux semaines entières, pour y explorer tous ses trésors. Je vous laisse donc, avec quelques dernières photos de mes coups de coeur, en vous souhaitant de pouvoir, un jour, rendre visite à cette région d’exception.

Greenway Del Lago
Greenway Del Lago
Greenway Del Lago

Quelques adresses et conseils…

Nous avons dormi à l’hôtel Lauro, à Gravedona. Nous avions un balcon privatif sur une cour arborée, mais je crois que certaines chambres donnent sur le lac. Le petit-déjeuner est d’une grande qualité.

A Menaggio, nous avons mangé la foccacia au bar à vin Il Divino, et nous avons payé plat, vin et café pour 13 euros chacun. Et c’était vraiment bon!

Le soir de mon anniversaire, nous avons dîné à Ca del Lago, à Gravedona. Je vous recommande cet endroit, où vous pouvez également dormir…

Pour aller de village en village, nous avons pris un PASS pour la journée, avec les transferts en bateau illimités (19 euros environ). Nous n’avons donc pas pris la voiture le dimanche.

Passer son permis après 30 ans // Episode 2

Nous nous étions quitté, dans l’article précédant avec l’obtention de mon code. Que s’est-il passé depuis? Je meurs d’envie de vous le raconter…

Les leçons de conduite

Jeudi, 18h. J’arrive à l’auto-école pour ma première heure de conduite, et je trépigne d’impatience. Un des moniteur, Amar – j’en aurai trois – me lance les clés de la Clio 4 automatique et me disant avec un grand sourire: « Tiens, va t’installer! ». Sabrina, la secrétaire, me fait un bref clin d’oeil d’encouragement. Sur le siège conducteur, je sens déjà que je ne suis pas du tout dans le même état d’esprit qu’il y a treize ans. Ce permis, je le passe pour moi. Pour mon autonomie, mon indépendance. Pour élargir mon champs des possibles. Au début, je n’utilise que le volant, mais rapidement, Amar me donne le contrôle des pédales. Il blague et me parle pendant que je « conduis ». Je mets des guillemets parce qu’à ce moment là, je n’ai pas du tout la sensation de conduire, mais plutôt que la voiture fait tout le boulot.

Il est très gentil, drôle, mais je n’arrive pas à me concentrer! J’ai presque envie de lui dire de se taire, mais, d’abord, ce ne serait pas très poli et ensuite, je sais bien qu’il s’agit d’une stratégie pour que j’apprenne à détacher le regard de mon capot, ce que j’ai mis très, très longtemps à apprendre… J’essaie de me remémorer le code de la route fraîchement obtenu. J’arrive à un stop. Première punchline: « Le stop, t’attends qu’il passe au vert? ». Je ris. J’ai eu trois moniteurs, tous complémentaires, pédagogues et bienveillants. Yassine est calme, posé, chaque conseil est répété, sans agacement. Il m’apprend à me garer, en créneau, en bataille, grâce à lui je saisis vite. Farida, dynamique, énergique, qui me réveille quand j’ai tendance à être trop passive à grands éclats de voix. Elle m’apprend la conduite commentée et à repérer les priorités à droite. Enfin, Amar. Un personnage. Plus encore que le reste de l’équipe, je sens qu’il veut que j’obtienne mon permis. Il m’engueule, parfois, mais je ne prends pas la mouche. Il m’a cernée. Il m’invective: « fais ta rebelle! » , « je m’en fous que tu fasses des conneries, je suis là pour ça. Je veux que tu les fasses, les conneries! », « aie confiance en toi, arrête d’avoir peur, tu réfléchis trop! ». « Sois spontanée. C’est du bon sens. Suis ton instinct. ».

Au début, j’ai la sensation de vite progresser. Mais passée une dizaine d’heures, je stagne. Pire, je régresse. Je termine même une des leçons en larmes, en me disant que je ne l’aurais jamais, ce fichu permis. Mais les moniteurs me font confiance, et j’obtiens une date pour l’examen. Dans 13 heures, et deux semaines, je passerai mon permis de conduire. Après un total de 32 heures de pratique. Sabrina me positionne des sessions tous les soirs, et le week-end. Elle se reconvertie en coach, me motive, me rassure. Dernière heure de conduite. Farida me confie: « Tu sais, mon permis, je l’ai eu au bout de la troisième fois… ».

L’examen de conduite

Lundi, Rosny-sous-bois, jour de l’examen. Je me présente à l’auto-école à 7h15, Amar passe me prendre avec la voiture. J’ai envie de vomir. J’ai passé la semaine à lire frénétiquement sur internet les avis concernant le centre d’examen. Ne le faite pas. C’est comme aller sur doctissimo quand on a mal quelque part. Une très, très mauvaise idée. Le moniteur tente de me faire rire. Comment dire… Je ne suis pas le meilleur des publics, et puis, j’ai l’impression que je vais vraiment vomir. L’examinateur arrive, il me présente les consignes d’un ton très doux et bienveillant. J’essaie de me donner une contenance: « Tout le monde est bien attaché? ». C’est parti. Pour 30 minutes de ville, de priorités à droite – merci Farida – , une manoeuvre en marche arrière – merci Yassine, et enfin, ce que je redoute le plus. Le périphérique et l’autoroute de banlieue parisienne. Evidemment, il est 8h15, le monde ne s’est pas arrêté de tourner pendant mon examen, et les gens se rendent au travail. J’ai l’impression de devoir m’insérer dans un trou de souris à dos d’éléphant. Mais merci Amar, j’ai travaillé cette situation juste avant, avec lui. Où je me souviens qu’il me disait: « Impose-toi. Ils vont te laisser passer. Force mais observe. Regarde le conducteur. Remercie-le. ». Et c’est passé. Retour au centre d’examen. Je suis heureuse. Je ne sais pas si je l’ai obtenu, j’ai quand même fait des erreurs – un défaut de trajectoire, deux freinages trop brusques et j’ai confondu ma gauche et ma droite. Mais je suis vraiment fière de moi. D’avoir gardé mon sang-froid. De m’être fait confiance.

Mercredi je me lève à 6h. Je me fais couler un café, et j’allume mon ordinateur. 24,5/30. Pas de faute éliminatoire. Je l’ai fait. J’ai eu mon permis de conduire en deux mois et demi. Et je vous jure, je partais de très loin.

Bootcamp VS Crossfit: une semaine, deux salles, deux ambiances

Le jour de mon permis et la date de mon départ en Guyane arrivent à grands pas. Autant dire que j’ai – un peu – de stress à évacuer. Mercredi dernier, je suis rentrée de ma leçon de conduite absolument catastrophée. Un stop que je n’ai pas vu, les piétons qui traversent de manière anarchique sur le périphérique et je ne vous parle même pas des priorités à droite. J’avais l’impression de ne rien contrôler. Pas besoin d’un master de psychologie pour deviner que le sentiment de panique qui m’envahissait, le sentiment de ne rien maîtriser, pas même la voiture, n’était qu’une allégorie parfaite de ma réalité actuelle. Les dés sont jetés, dans deux mois je partirai vivre sur un autre continent et pour le moment je ne sais même pas dans quelle ville, jusqu’au résultat de mon affectation, dans deux semaines. Et je ne peux RIEN faire pour accélérer le processus. J’ai pensé à soudoyer quelqu’un, n’importe qui, pour obtenir ne serait-ce qu’une minuscule information mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai cru bon de me raviser. Face à cette angoisse qui me grignotait jour après jour, je n’ai vu qu’une seule solution: reprendre le sport que j’avais totalement arrêté quelques mois auparavant pour me consacrer à mon déménagement et mon permis – ce qui, avec du recul, était un très mauvais calcul.

Je me suis alors demandé quel activité je pourrais pratiquer, et j’ai arrêté mon choix sur le cross fit et le bootcamp. J’en étais sûre, j’allais pouvoir me défouler. Après cette semaine, et ces deux entraînements, voici mon retour d’expérience. Oh, et oui, je me suis défoulée. J’ai même cru vomir. Deux fois.

Le Cross fit: un coach super sympa et un travail en équipe

Je me suis rendue au cours dès le mercredi, et comme je vous le disais plus haut, j’avais besoin d’évacuer. Nous étions six, un garçon, trois filles, pour un cours d’essai. Le coach nous accueille chaleureusement, avec un sourire communicatif et quelques blagues pour nous détendre. Il nous demande de faire des équipes de deux. Et c’est parti pour un enchaînement de vélo, de sauts – des burpees pour les experts, de pompes, de squats, de fentes, le tout, évidemment avec des poids. J’avais oublié de prendre une bouteille d’eau, j’ai la tête qui tourne, la nausée, une des participantes vient à mon secours et me donne la sienne. La sororité, jusqu’au bout! Une heure s’écoule, je suis à bout de force, j’ai les jambes qui tremblent, les cuisses en feu, et le cardio… Disons qu’heureusement que je ne fume pas. Je suis rentrée chez moi et j’ai béni ma colocataire qui m’a proposé de me faire à manger. Sans elle, je me serais certainement couchée le ventre vide! Et vous savez quoi? Adieu le stress, j’ai dormi comme un bébé.

Prix de la séance d’essai: gratuite

Le Bootcamp, l’ambiance New-Yorkaise en plein Paris

Contrairement au Cross Fit, nous ne sommes pas par équipe, et la salle fait vraiment la différence. A peine passée le pas de la porte, je sais que je vais adorer. Des messages motivants inscrits partout sur les murs, à l’étage, un corner boissons, où j’ai d’ailleurs acheté une gourde, tout simplement parce que je n’en avais pas et que je ne souhaite plus acheter de bouteilles en plastiques. Et que celle-ci était hyper stylée. Dans les vestiaires, on ne manque de rien. Des casiers à codes, des serviettes propres, des produits soins pour la douche, des sèches cheveux et même… Un fer à repasser!

Une fois en tenue, je suis descendue dans la salle. Ici, le coach m’a prévenu, pas le droit aux photos. Les portables sont sagement rangés au vestiaire. Nous sommes comme dans une boite de nuit, avec les néons, la lumière infrarouge, la musique poussée à fond qui nous donne une dose de dynamisme supplémentaire. Il en faudra pour la séance… Je dirais que le niveau d’intensité est assez similaire à celui du Cross Fit – les exercices demandés sont plus ou moins les mêmes – mais que le cadre et l’ambiance rendent l’effort moins difficile.

A la sortie, je me dirige vers les vestiaires haletante, transpirante et je prend deux énergie balls offertes aux sportifs du jour!

Prix de la séance: Pack découverte de deux séances pour 30 euros.

Verdict?

Vous l’aurez compris, j’ai préféré le Bootcamp et j’y retournerai après les séances d’essai. Mais la vraie conclusion, la voici: les cours de conduite suivants se sont beaucoup mieux passés. Mon moral est remonté, et ma confiance en moi également. Incroyable comme l’esprit et le corps sont liés. Toute mon enfance et mon adolescence, j’ai cru que je n’étais pas sportive. Du coup, avoir une activité sportive régulière n’est pas très instinctif pour moi. Mais j’y travaille. Parce que cela me fait vraiment du bien, et que cette croyance selon laquelle on est – ou pas – prédisposé à faire et aimer faire de l’exercice est pour moi, plus qu’erronée. Là n’est pas la question. L’objectif est de trouver le sport qui nous convient, de rechercher et d’expérimenter ses bienfaits.