Comment rater sa première retraite spirituelle?

« Je ne suis pas prêt à devenir un moine, je ne veux pas renoncer à la vie. Je veux faire l’amour, rigoler avec mes potes, putain. Bref, je dois trouver une voie du milieu: une manière de me mettre sincèrement au service d’autrui, tout en gardant une part d’égoïsme; savoir ce que je dois me donner à moi-même pour mieux donner aux autres. ». Journal Intime d’un touriste du bonheur, Jonathan Lehmann

J’étais assez excitée. Dans ma valise, des livres, des jeux d’oracle et un tarot, un cahier, et des crayons de couleurs. Je pensais que ce week-end serait certainement une réussite. Parler philosophie bouddhiste, faire l’expérience du jeûne, rencontrer des gens, méditer, tant de découvertes m’attendaient! Seulement, le samedi, aux alentours de 16h, j’ai mis un terme à ma première retraite. Et je vous explique pourquoi…

Tout d’abord, je tiens à dire que je ne critique en rien ceux et celles qui apprécient ces évènements. Je comprend qu’ils puissent résonner très fortement, nous sommes tous différents, et c’est très bien ainsi! Et, honnêtement, je suis totalement responsable: je ne m’étais pas renseignée sur la forme de cette retraite malgré les conseils de ma professeure de yoga, qui m’avait pourtant sagement avisé d’assister à quelques enseignements du soir avant. Mais non, moi, je fonce, toujours bille en tête! Parfois, c’est un coup de foudre, et le reste du temps, cela peut rapidement tourner… Au désastre!

La figure du maître ou du Gourou

Quand je suis arrivée, j’ai rapidement été mise au courant des règles du week-end: le silence, le jeûne, et on méditera beaucoup. Pas de problème, je suis prête! Seulement, je n’étais pas – du tout – prête à avoir une réaction de rejet aussi intense du concept de Gourou. Je m’étais dit qu’il serait comme un professeur, un enseignant. Après tout, j’ai toujours adoré ça, étudier, apprendre de nouvelles choses pour les confronter à mes certitudes. Mais très vite, j’ai été extrêmement mal à l’aise. Dès le premier soir, en fait. Quand il s’est assis à la place qui lui était réservée, devant un parterre quasi strictement féminin, qui se pliait en quatre – voire en six – pour lui. Un bouquet. Du thé. Un coussin pour son dos. Tellement d’honneurs et de vénération. A ce moment précis, je me suis dit, de manière très peu académique: « aïe. ».

Quand ton corps te parle…

J’ai très peu dormi, et le lendemain, j’ai essayé de garder un esprit ouvert, de me répéter: « ne prend que le meilleur… ». Vers midi, j’ai commencé à avoir mal à la tête, et au fur et à mesure que la journée progressait, mes maux de tête ne faisaient que s’amplifier. 15h. Mes tempes étaient au bord de l’implosion, mes cervicales, bloquées et très douloureuses. Une demi-heure plus tard, j’étais la tête dans les toilettes, en train de vomir. A 16h, j’ai essayé d’appeler un taxi pour rentrer chez moi, je n’avais qu’une idée en tête: fuir. Mais cela n’a pas été possible, j’étais dans un gîte reculé, sans réseau ni transport. Je le savais, j’allais devoir me résoudre à ne repartir qu’à la fin de la retraite. Heureusement, l’endroit était sublime, en bordure de fleuve, avec pour seul paysage une nature luxuriante et sauvage. Les propriétaires du lieu, adorables, m’ont fait un thé, et je suis allée me coucher. Le lendemain, je suis restée à l’écart du groupe, seule, avec le livre de Jonathan Lehmann Journal intime d’un touriste du bonheur qui faisait écho avec une grande justesse à toutes les émotions que je ressentais. J’ai beaucoup, beaucoup ri en tournant les pages de ce roman, véritable compagnon d’infortune, qui m’a fait prendre de la hauteur, avec humour et détachement.

Et l’Ego dans tout ça?

Je n’aurais jamais pensé que mon corps réagirait si violemment. On pourrait me dire « c’est ton égo, ton mental qui résiste ». Peut-être. Mais vous savez-quoi? Je pense, finalement, que le mental, ou même l’égo, ne sont pas des ennemis. J’essaierai certes à l’avenir de les apaiser, parce que je me pose beaucoup, beaucoup de questions et pas toujours au moment opportun. Mais les dissoudre? Je ne le souhaite pas. J’aime réfléchir, remettre en question, en perspective. J’aime débattre. Ne pas être d’accord. Oh, et puis finalement, l’être, parce que j’ai été convaincue. Et même mon petit égo… Je l’aime. J’aime quand il me pousse à me dépasser, à dire non, à résister. Parfois, j’aimerais qu’il se fasse plus discret, qu’il me laisse dormir, qu’il arrête de me surprotéger. Mais il reste là, fidèle au poste, allié avec mon coeur, en parfait garant de mon intégrité.

La transmission

Pour être totalement honnête, je ne peux m’empêcher de remarquer une contradiction – à mes yeux – entre le fait de prêcher la dissolution de l’égo et d’être vénéré, adulé. Même si ce n’est pas la volonté première du « maître spirituel », il bénéficie de cette posture hiérarchique, il crée même les conditions propices à l’adulation et d’une certaine façon, au conditionnement. Quand pendant deux jours il est le seul à parler, sa voix résonne dans toutes les têtes, encore et encore, même la nuit. Il ne souffre d’aucune contradiction. Et quelle sensation cela lui procure t-il de se trouver face à une trentaine de femmes, buvant ses paroles, lui préparant son repas, obéissant à toutes les règles qu’il a fixé? Je ne peux pas croire qu’il ne jouisse pas de cette position, ou, a minima, qu’il ne s’interroge pas sur la justesse de cette posture.

A mon sens, on peut tout à fait guider et enseigner autrement. Quand j’ai commencé les cercles de femmes avec Alexandra, elle faisait partie du groupe. Elle laissait transparaitre ses émotions, humainement. Et pourtant. Sur les archétypes, la mythologie, les traditions ancestrales, l’histoire des femmes, le yoga… Elle était un puit de connaissances, qu’elle nous faisait partager par un enseignement transversal, pour nous aider à nous approprier, à récupérer notre pouvoir personnel. Jamais d’injonction à être, vivre et expérimenter selon le « Bien », le « Vrai ». Et surtout, jamais de jugement. Elle me rendait plus forte, plus solide. Plus libre aussi.

Je ne regrette pas une seconde d’être aller à cette retraite. J’en ai tiré de très précieuses leçons. Dans le domaine spirituel, je suis consciente de ce qui me correspond, ou non. Dans le domaine personnel, je me demande: est-ce que parfois, sans nous en rendre compte, nous ne nous créons pas nos propres gourous? Cette personne que nous mettons sur un piédestal, à qui nous voulons plaire, presque à tout prix? Dans notre quotidien, combien de fois avons-nous, presque délibérément, abandonné notre pouvoir personnel?

11 produits de beauté BIO pour commencer…

Quatre ans auparavant, l’essentiel de ma salle de bain venait de chez Sephora ou de grande surface, et rien, absolument rien n’avait de label BIO. Dans ma tête, c’était trop cher, inefficace et, soyons honnête, je n’étais pas vraiment – pas du tout – consciente des dangers quant à la composition des produits cosmétiques. Puis j’ai constaté que j’avais un déséquilibre hormonal, je me suis posée des questions sur la contraception que j’avais choisi, j’ai arrêté la pilule, et je me suis renseignée sur les perturbateurs endocriniens. Tout à coup, j’ai eu la désagréable sensation de me faire berner, et puis je me suis simplement dit que j’étais mal informée. Et j’ai tout repris à zéro.

Dans ma salle de bain, j’ai fait du tri. J’ai arrêté mes abonnements aux box beauté, j’ai jeté les produits que je n’utilisais pas, j’en ai quand même terminé certains. J’ai tâtonné, essayé différentes marques de cosmétique BIO… Aujourd’hui, quatre ans après ma prise de conscience, l’essentiel de ma salle de bain est renouvelée avec des soins bons pour le corps, et le moral. Parce qu’en plus de prendre soin de soi, de sa peau, de se maquiller, on se fait du bien. Tout cela a pris du temps, parce que tout racheter d’un coup peut être assez onéreux. C’est pourquoi certains produits make-up à la composition chimique traînent encore dans ma trousse à maquillage (les prochains achats sur ma liste!). Et connaitre ses besoins, ce que notre peau réclame, les textures, quand on est une habituée au Petit Marseillais et à DOP, prend aussi du temps. Il faut réapprendre, être curieuse, se renseigner. S’écouter.

Ce que je vous propose dans cet article, c’est de vous aider à démarrer. Lister 11 produits de soin (on laisse de côté le maquillage pour le moment), avec le prix, trouvable sur la même enseigne. Je constitue avec vous mon panier, celui que j’ai élaboré après quatre ans de transition aux produits bio (pour info, j’ai la peau sèche et sensible).

Alors, prêtes pour prendre soin de vous?

Les soins visage

La crème visage riche de la marque Jonzac me sert de base. Le matin, je l’applique avec deux pressions d’huile de carotte, qui donne bonne mine, et le soir, avec deux pressions d’huile d’églantier, qui a des vertus régénérantes.

Pour me démaquiller, je masse mon visage avec l’huile d’églantier, et je l’enlève avec un pain de savon. Il ne reste aucune trace de maquillage!

Pour le corps…

L’huile de coco, et c’est tout! Pour le gommage, j’utilise du marc de café

Pour la douche, je suis passée aux pains de savon pour aller vers le zéro déchet et réduire ma consommation de plastique… Celui aux trois beurres karité, avocat et mangue est vraiment efficace pour les peaux sèches.

Si vous n’êtes pas prête à passer aux formats solides, j’ai longtemps utilisé ce produit deux en un, douche et cheveux de la marque Ballot-Fleurin, qui a une très belle éthique. Et la contenance permet de le garder longtemps!

Pour les cheveux…

Ce shampooing solide de la marque Pachamamaï est absolument génial! Il sent très bon, mousse très bien et a une super composition!

Pour les soins, je mélange l’huile de coco (produit multi-usage), et de l‘huile de Ricin (trois pressions). Parfois, j’y rajoute un peu de poudre d’Amla, avec de l’eau tiède. Dans ce cas, je garde mon masque un peu moins longtemps…

Après le shampooing et en guise de soin, j’applique sur les longueurs et les pointes une pression de gel d’aloé Vera, que je conserve au réfrigérateur.

Quel déodorant, quel dentifrice, quel baume à lèvres?

Tout simplement ce produit Lavera à la menthe, c’est mon favori… Pour le déodorant, ceux de la marque SCHMIDT me conviennent parfaitement. Et pour le baume à lèvres, j’opte pour celui de la marque Skin and Tonic.

Ma liste de course…

Crème Jonzac 11,25 euros

Huile de carotte 10, 45 euros

Huile d’églantier 17,50 euros

Huile de coco 8,90 euros

Pain de savon aux trois beurres 5,5 euros

Shampooing solide 12,5 euros

Huile de Ricin 7,90 euros

Poudre d’Amla 6,25 euros

Gel d’Aloé Vera 8,90 euros

Dentifrice Lavera 2,90 euros

Déodorant Schmidt 10,25 euros

Certains produits durent très longtemps, comme la poudre d’Amla que je conserve une bonne année dans un bocal en verre, ou le déodorant. Les huiles, approximativement, durent 6 mois. Et je n’ai que ça dans dans ma salle de bain, et rien de plus. Mon défi a présent, me tourner progressivement vers le zéro déchet!

Belle journée, et prenez soin de vous,

Ludivine

Mes livres favoris…

Mis à jour régulièrement…

Féminin sacré, intutition, spiritualité

La lune et ses mystères

Développement personnel et Santé

Romans

Féminisme

Recette du lait d’or… et autres boissons réconfortantes pour l’automne

L’automne. Cette saison n’est-elle pas la plus propice à l’introspection, à l’observation, au calme? Les nuits rallongent, la lumière se fait plus discrète, comme pour nous suggérer de regarder nos propres ombres. Le temps de Samhain est venu, le temps des feuilles ocres qui crissent sous les bottes, des bougies allumées pour honorer nos ancêtres ou tout simplement parfumer la maison d’une douce odeur de cannelle. Le temps des souvenirs, celui des chocolats chauds et des crêpes devant Hocus Pocus, des promenades dans les bois à la recherche des champignons et de mon premier cercle de pleine lune. A présent, pour moi, l’automne aura toujours un parfum de sauge blanche.

Je vous propose de prendre soin de vous. D’accompagner cette saison d’une boisson qui ravira vos papilles autant que votre corps, à base d’épices, de fruits et de miel.

Le lait d’or, la boisson sacrée

J’ai testé plusieurs recettes, avec plusieurs laits végétaux différents et voilà celle que j’ai préféré! D’abord, munissez-vous d’un petit bocal en verre. Nous allons faire la pâte de curcuma. Elle servira pour plusieurs utilisations, elle se conserve très bien au réfrigirateur.

Pour la pâte, mélangez au moins la moitié un pot d’épice de curcuma (vous savez les formats type DUCROS que l’on trouve en grande surface). Cela doit faire environ 4 cuillères à café bien bombées. Ensuite, ajoutez une demi cuillère à café de poivre noir. Puis une cuillère à café de gingembre moulu. Progressivement ajoutez de l’eau. Tout doucement, il ne faut pas noyer le mélange… Vous devez obtenir une texture de pâte, comme, disons… du beurre de cacahuète! Une fois que vous obtenez la bonne consistance, vous pouvez la réserver au frais.

Pour une tasse de lait d’or, faites chauffer du lait de riz. Quand il commence à chauffer un peu, mettez une cuillère de pâte de curcuma. Puis une cuillère de miel. Laissez frémir… Et votre lait d’or est prêt. Vous m’en direz des nouvelles dans les commentaires, en tout cas, moi, j’adore. Surtout pour le goûter, accompagné de dattes…

Le chocolat chaud maison, la boisson des reines

Je n’achète plus de chocolat en poudre, depuis d’une amie m’a fait gouter celui-ci. Rien de plus simple: une demi tablette de chocolat noir – au moins 70% – du lait d’amande et du sucre de coco – ou sirop d’agave, mais je préfère au sucre de coco! Il suffit de faire chauffer le lait d’amande, d’ajouter le chocolat et le sucre (que l’on trouve en épicerie bio). Un délice très nourrissant, parfait avec une clémentine…

Le smoothie du matin

Je ne prend pas de petit-déjeuner le matin, je fais ce qu’on appelle le jeûne intermittent. Honnêtement, avant de voir par hasard une vidéo sur le sujet, je ne savais même pas que ma manière de manger avait un nom! En fait, je termine de manger le soir, vers 20h, et je ne mange pas avant midi le lendemain. Alors le week-end, je romps le jeûne avec un smoothie. Ma recette favorite? Lait d’amande, banane, beurre de cacahuète et une épice au choix: cannelle, curcuma… Je laisse mon intuition décider! Quand j’ai vraiment faim, je le fais épais en diminuant le lait et je le complète de muesli et de fruits de saison. Avec des figues, c’est une pure merveille!

Voilà mes boissons favorites pour l’automne, n’hésitez pas à me partager les vôtres!

Coming-out spirituel

Depuis presque un mois, je n’ai rien écrit. Tout est si nouveau, tout est si dense et je me sens si petite, prise dans un tourbillon d’émotions, d’envies, mais aussi de bouleversement de certaines croyances désormais obsolètes. Arrivée depuis un mois en Amérique du sud, aux portes de la forêt amazonienne et du Suriname, je n’ai que depuis quelques jours le sentiment de pouvoir ralentir. Observer. Oser parler d’énergies, de reconnection, d’ancrage et de rituels. Enfin. Parce que lentement, progressivement, et à mon rythme, je désire de toute mon âme assumer celle que je suis en train de devenir, et sans prétention ni revendication, être tout simplement moi. Dans cette article, il s’agira alors de vous parler de la nature, omniprésente. De synchronicités qui rendent la vie tellement plus douce. De cette envie irrépressible de se nourrir de nouvelles connaissances, de remettre en question notre manière de vivre, de se soigner, de manger. Non pas pour tout envoyer valser, mais pour enrichir, et avoir la possibilité de choisir ce qui nous semble le plus juste. Ce qui résonne.

Une citadine dans la nature: entre crainte et fascination

Soyons honnête, après avoir vécu 10 ans à Paris, mon rapport à la nature est loin d’être instinctif. Lors de la première petite randonnée dans un sentier pourtant bien balisé, je me souviens avoir plusieurs fois été en apnée, craignant de rencontrer un serpent, une araignée, ou pire, un jaguar qui bondira sur moi au premier battement de cil. Rassurez-vous, je n’ai croisé qu’un joli papillon aux ailes bleutées, appelé Morpho, et un paresseux paisiblement installé sur sa branche. La semaine dernière, je n’ai pas fait la vaisselle parce qu’une grenouille avait élu résidence dans mon évier. Petit à petit, et pas à pas, j’essaie de réapprendre, de reconquérir mon âme d’enfant qui n’avait pas peur de découvrir de nouvelles espèces, de ne pas être écoeurée par ces gros cafards dans la cuisine, de ne pas sursauter à la moindre mouche qui frôle mon mollet. Ici, je ne suis pas chez moi, je ne suis qu’une humble observatrice de cette Amazonie qui m’accueille. Dans le jardin, le bananier nous fait un joli cadeau, des dizaines de fruits sont en train de pousser, que nous pourrons distribuer à notre guise aux amis et aux voisins . Le cocotier prend le même chemin. J’essaie de redonner à la terre ce qu’elle m’offre, en faisant un modeste compost dans les hautes herbes. En plantant un nouveau papayer, des radis, des carottes, des aubergines, un aloé vera, non pas forcément pour consommer et obtenir un profit, mais pour avoir ce plaisir de contribuer, ne serait-ce qu’un peu. Je vais chercher mon panier bio dans une amap locale, à quelques kilomètres. J’essaie de suivre mon instinct, de faire de mon mieux pour respecter l’environnement dans lequel nous vivons, mais parfois, les réflexes sont compliqués à abandonner. Je déteste aller dans l’unique grande surface locale, seul endroit à des kilomètres à la ronde qui représente cette frénésie de surproduction et surconsommation à laquelle j’essaie d’échapper. Mais parfois, j’y vais. Acheter du fromage, du muesli, le tout dans des emballages en plastiques qui ne seront jamais recyclés. Mais ici, pas de vrac. Il faudrait que je fasse 6 heures de voiture pour pouvoir réduire mes déchets alimentaires, en allant dans une supérette bio. Mais la conscience est là, ce qui n’était pas du tout le cas des années auparavant. Et vivre ici accélère le processus. Les longues balades en kayak sur le Maroni, les jours de marché, les immersions en forêt, les toucans qui volent pendant que je prends mon café aux premières lueurs matinales, tout m’émerveille. J’ai la douce impression d’être une petite fille qui redécouvre le monde.

Laisser de la place pour les synchronicités

Quand j’ai quitté Paris, je pratiquais les cercles de femmes depuis plus d’un an. Il était très simple de faire du yin yoga, du reiki, des formations et des conférences en tout genre. En changeant d’environnement, j’ai pensé qu’il serait difficile de retrouver cet équilibre et cette facilité d’apprentissage. Mais je sous-estimais les petites facéties de la Vie, qui prête une oreille attentive à tes besoins. J’ai pris mon avion le même jour, à la même heure, et sans en avoir la moindre idée, qu’une jeune femme que j’ai rencontré sur les réseaux sociaux et que j’avais contacté pour des questions d’ordre professionnel. On s’est retrouvées ensemble dans cette petite ville qui m’était inconnue, et pendant trois jours, elle nous a hébergé, car nous n’avions ni eau ni électricité. En quelques heures, nous déjà parlions yoga, puis énergies, puis naturopathie, puis rituels. En fait, nous étions passionnées par les mêmes sujets. Après quelques recherches, nous avons trouvé une association qui organise des cercles de pleine lune et des ateliers divers et variés. Dans deux semaines, nous partons faire une formation de deux jours pour apprendre les massages énergétiques.

Qui sait ce qui m’attend encore? Certainement pas moi. Je veux laisser de l’espace, suivre mon intuition, la laisser me guider, agir aussi, et je sais que ce dont j’ai besoin s’engouffrera alors dans cette brèche. Faire confiance aux synchronicités. Bien sûr, cela ne signifie pas que les ombres, les peurs, et les émotions inconfortables ne sont plus là. Elles seront toujours là. Mais travailler les fondations, l’optimiste, l’amour, c’est une mission de tous les jours.

Se nourrir.

Je n’ai jamais eu autant envie d’apprendre, de bouleverser ce en quoi je croyais. Je n’ai jamais eu autant envie d’avoir tort. Ici, les énergies sont puissantes, accessibles, les rêves le sont aussi. Je ne rêvais que très rarement à Paris, ici, tous les soirs, je vis une nouvelle histoire. Parfois, ce sont des cauchemars, parfois des contes fantastiques. Si je voulais aborder ce changement de manière cartésienne, je pourrais dire que mon cerveau est tellement sorti de sa zone de confort qu’il a besoin de traiter les données la nuit venue. Ou alors, qu’en affirmant mes envies profondes, la vie était en train de m’accompagner dans ce changement. Aujourd’hui, je voudrais apprendre sur les plantes, sur leurs bienfaits. Connaître de nouvelles philosophies et religions pour m’inspirer de nouveaux archétypes et de nouvelles héroïnes. Je voudrais être consciente des problématiques écologiques pour mieux contribuer au bien-être collectif. Je voudrais organiser des cercles de femmes pour aider mes soeurs. Je voudrais m’enrichir pour m’engager, je voudrais convertir ma colère en puissance, je voudrais suivre mon intuition, être flexible tout en sachant qui je suis.

Avant, je n’aurais jamais osé écrire un tel article. J’aurais eu trop peur du jugement des autres, qu’on me tourne le dos. De paraître hors-cadre. Perchée. A présent, je pense avoir compris. Que ce sera peut-être le cas, mais que cela n’a pas vraiment d’importance. Que lorsqu’on cesse de lutter contre nous-même, on laisse de l’espace pour la magie.