Coming-out spirituel

Depuis presque un mois, je n’ai rien écrit. Tout est si nouveau, tout est si dense et je me sens si petite, prise dans un tourbillon d’émotions, d’envies, mais aussi de bouleversement de certaines croyances désormais obsolètes. Arrivée depuis un mois en Amérique du sud, aux portes de la forêt amazonienne et du Suriname, je n’ai que depuis quelques jours le sentiment de pouvoir ralentir. Observer. Oser parler d’énergies, de reconnection, d’ancrage et de rituels. Enfin. Parce que lentement, progressivement, et à mon rythme, je désire de toute mon âme assumer celle que je suis en train de devenir, et sans prétention ni revendication, être tout simplement moi. Dans cette article, il s’agira alors de vous parler de la nature, omniprésente. De synchronicités qui rendent la vie tellement plus douce. De cette envie irrépressible de se nourrir de nouvelles connaissances, de remettre en question notre manière de vivre, de se soigner, de manger. Non pas pour tout envoyer valser, mais pour enrichir, et avoir la possibilité de choisir ce qui nous semble le plus juste. Ce qui résonne.

Une citadine dans la nature: entre crainte et fascination

Soyons honnête, après avoir vécu 10 ans à Paris, mon rapport à la nature est loin d’être instinctif. Lors de la première petite randonnée dans un sentier pourtant bien balisé, je me souviens avoir plusieurs fois été en apnée, craignant de rencontrer un serpent, une araignée, ou pire, un jaguar qui bondira sur moi au premier battement de cil. Rassurez-vous, je n’ai croisé qu’un joli papillon aux ailes bleutées, appelé Morpho, et un paresseux paisiblement installé sur sa branche. La semaine dernière, je n’ai pas fait la vaisselle parce qu’une grenouille avait élu résidence dans mon évier. Petit à petit, et pas à pas, j’essaie de réapprendre, de reconquérir mon âme d’enfant qui n’avait pas peur de découvrir de nouvelles espèces, de ne pas être écoeurée par ces gros cafards dans la cuisine, de ne pas sursauter à la moindre mouche qui frôle mon mollet. Ici, je ne suis pas chez moi, je ne suis qu’une humble observatrice de cette Amazonie qui m’accueille. Dans le jardin, le bananier nous fait un joli cadeau, des dizaines de fruits sont en train de pousser, que nous pourrons distribuer à notre guise aux amis et aux voisins . Le cocotier prend le même chemin. J’essaie de redonner à la terre ce qu’elle m’offre, en faisant un modeste compost dans les hautes herbes. En plantant un nouveau papayer, des radis, des carottes, des aubergines, un aloé vera, non pas forcément pour consommer et obtenir un profit, mais pour avoir ce plaisir de contribuer, ne serait-ce qu’un peu. Je vais chercher mon panier bio dans une amap locale, à quelques kilomètres. J’essaie de suivre mon instinct, de faire de mon mieux pour respecter l’environnement dans lequel nous vivons, mais parfois, les réflexes sont compliqués à abandonner. Je déteste aller dans l’unique grande surface locale, seul endroit à des kilomètres à la ronde qui représente cette frénésie de surproduction et surconsommation à laquelle j’essaie d’échapper. Mais parfois, j’y vais. Acheter du fromage, du muesli, le tout dans des emballages en plastiques qui ne seront jamais recyclés. Mais ici, pas de vrac. Il faudrait que je fasse 6 heures de voiture pour pouvoir réduire mes déchets alimentaires, en allant dans une supérette bio. Mais la conscience est là, ce qui n’était pas du tout le cas des années auparavant. Et vivre ici accélère le processus. Les longues balades en kayak sur le Maroni, les jours de marché, les immersions en forêt, les toucans qui volent pendant que je prends mon café aux premières lueurs matinales, tout m’émerveille. J’ai la douce impression d’être une petite fille qui redécouvre le monde.

Laisser de la place pour les synchronicités

Quand j’ai quitté Paris, je pratiquais les cercles de femmes depuis plus d’un an. Il était très simple de faire du yin yoga, du reiki, des formations et des conférences en tout genre. En changeant d’environnement, j’ai pensé qu’il serait difficile de retrouver cet équilibre et cette facilité d’apprentissage. Mais je sous-estimais les petites facéties de la Vie, qui prête une oreille attentive à tes besoins. J’ai pris mon avion le même jour, à la même heure, et sans en avoir la moindre idée, qu’une jeune femme que j’ai rencontré sur les réseaux sociaux et que j’avais contacté pour des questions d’ordre professionnel. On s’est retrouvées ensemble dans cette petite ville qui m’était inconnue, et pendant trois jours, elle nous a hébergé, car nous n’avions ni eau ni électricité. En quelques heures, nous déjà parlions yoga, puis énergies, puis naturopathie, puis rituels. En fait, nous étions passionnées par les mêmes sujets. Après quelques recherches, nous avons trouvé une association qui organise des cercles de pleine lune et des ateliers divers et variés. Dans deux semaines, nous partons faire une formation de deux jours pour apprendre les massages énergétiques.

Qui sait ce qui m’attend encore? Certainement pas moi. Je veux laisser de l’espace, suivre mon intuition, la laisser me guider, agir aussi, et je sais que ce dont j’ai besoin s’engouffrera alors dans cette brèche. Faire confiance aux synchronicités. Bien sûr, cela ne signifie pas que les ombres, les peurs, et les émotions inconfortables ne sont plus là. Elles seront toujours là. Mais travailler les fondations, l’optimiste, l’amour, c’est une mission de tous les jours.

Se nourrir.

Je n’ai jamais eu autant envie d’apprendre, de bouleverser ce en quoi je croyais. Je n’ai jamais eu autant envie d’avoir tort. Ici, les énergies sont puissantes, accessibles, les rêves le sont aussi. Je ne rêvais que très rarement à Paris, ici, tous les soirs, je vis une nouvelle histoire. Parfois, ce sont des cauchemars, parfois des contes fantastiques. Si je voulais aborder ce changement de manière cartésienne, je pourrais dire que mon cerveau est tellement sorti de sa zone de confort qu’il a besoin de traiter les données la nuit venue. Ou alors, qu’en affirmant mes envies profondes, la vie était en train de m’accompagner dans ce changement. Aujourd’hui, je voudrais apprendre sur les plantes, sur leurs bienfaits. Connaître de nouvelles philosophies et religions pour m’inspirer de nouveaux archétypes et de nouvelles héroïnes. Je voudrais être consciente des problématiques écologiques pour mieux contribuer au bien-être collectif. Je voudrais organiser des cercles de femmes pour aider mes soeurs. Je voudrais m’enrichir pour m’engager, je voudrais convertir ma colère en puissance, je voudrais suivre mon intuition, être flexible tout en sachant qui je suis.

Avant, je n’aurais jamais osé écrire un tel article. J’aurais eu trop peur du jugement des autres, qu’on me tourne le dos. De paraître hors-cadre. Perchée. A présent, je pense avoir compris. Que ce sera peut-être le cas, mais que cela n’a pas vraiment d’importance. Que lorsqu’on cesse de lutter contre nous-même, on laisse de l’espace pour la magie.

6 commentaires sur « Coming-out spirituel »

  1. Je ne trouve pas du tout du tout du tout que tu sois perchée. Bien au contraire. On sent à te lire le véritable changement, pas tant de lieu (même si j’aimerais bien aussi voir des toucans pendant mon petit déj, je rêve de Costa Rica en ce moment…), mais dans la manière dont tu as écrit ton article. Je trouve ça très bien, d’oser être soi-même et de tendre vers le « devenir soi-même » qui peut paraître mystérieux mais qui en fait apparaît dans ton article, je trouve.

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  2. Hello, je débarque et je ne te connaissais pas avant. Sans te connaître, je suis frappée par le talent et la vie que tu mets dans tes mots. On te sent très authentique, hésitante, touchée et touchante. Humaine finalement ?
    Beaucoup de courage et de positif pour cette belle aventure qui s’offre à toi.

    XOXO LOVE
    notrecarnetdaventures.com blog de deux amoureux des belles adresses gourmandes ou culturelles.

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  3. Magnifique article empreint de sincérité et de réalisme (perso j’aurais aussi laissé la vaisselle à cause de la grenouille 😁) c’est chouette de suivre cette traversée presque initiatique avec toi !

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