J’ai testé pour toi… Passer son permis après 30 ans // Episode 1.

Dans quelques mois, je m’envolerai direction l’Amérique du Sud. Non pas pour des vacances cette fois, mais bel et bien pour y vivre! Cette étape représente une vraie révolution dans mon quotidien, un rêve d’enfant qui se réalise, mais aussi un projet de vie à deux qui prend forme. Que du positif me direz-vous? Oui, sans aucun doute.

Seulement voilà. Je n’ai pas le permis. Et je n’ai pas eu besoin de me documenter bien longtemps pour constater que si je n’ai pas de voiture en Guyane, les solutions alternatives restent mes jambes, les bus aux horaires incertaines dans quelques zones citadines et la téléportation. Autant dire que la décision est prise en une demi seconde. J’ai trois mois pour passer et avoir mon permis de conduire. Je vous vois avec vos sourire narquois. Si, c’est possible. En tout cas, c’est l’affirmation que je me répète chaque matin, chaque soir, et je crois bien, même dans mon sommeil.

Pourquoi je ne l’ai jamais passé avant? Cette question, j’ai du l’entendre une bonne centaine de fois. Je vis à Paris depuis dix ans et l’obtention de ce bout de papier rose me semblait être à la fois une perte de temps et une perte d’argent. Je suis telle la cigale qui a voyagé tout l’été, et qui se retrouve fort dépourvue quand la mutation fut venue… Et puis, je dois vous avouer un secret. J’ai déjà passé mon examen de conduite. Il y a fort, fort longtemps. A cette époque, le dernier tome d’Harry Potter n’était pas encore sorti, je regardais Buffy contre les vampires diffusé dans la trilogie du samedi et je n’avais pas encore expérimenté ma première cuite.

Mes souvenirs sont assez flous. Je dois certainement être en partie dans le déni de ce qui a été une réelle catastrophe. Plus de 80 heures de conduite, mon moniteur désespéré, mes parents désespérés, et moi, au milieu de toute cette agitation qui se sent parfaitement incapable de conduire une voiture, mais qui essaie quand même pour faire plaisir à tout ce beau monde. Le jour de l’examen, l’assemblée s’est concertée et a pris la sage décision – après que j’ai manqué d’écraser une pauvre mamie qui traversait derrière un bus – qu’on allait être raisonnables, et qu’attendre que je sois prête était la meilleure option.

Nécessité fait loi, j’ai grandi, j’ai confiance en moi, bref, désormais je suis prête. Et c’est ici que la série « passer son permis après trente ans » peut commencer.

Au retour de mon voyage en Inde, je me rends dans deux auto-écoles en proche banlieue que j’avais sélectionné selon trois critères: les critiques élogieuses sur internet, la proximité de mon lieu de vie et de mon travail. J’arrête mon choix sur celle où j’ai le meilleur contact avec la secrétaire – estimant que c’est elle, la vraie cheffe, qui te positionne tes heures selon SON planning et qui te donne une date pour ton permis. Plus de 1000 euros plus tard, payable en trois fois, je commence mes premières leçons de code – des séries de questions/réponses qui défilent toutes les heures – que je poursuis pendant 3 semaines. Je commence rapidement à me lasser, j’ai la désagréable sensation de régresser, je fais 4 fautes, puis 8 fautes, puis 12, puis encore 7… Mais je décide quand même de passer ce fichu examen dans l’espoir de ne plus perdre davantage de temps. Me voilà donc au Point Code de Belleville, un gentil monsieur m’accueille, ordinateur, casque sur les oreilles, et me voilà lancée. Les premières questions me déstabilisent, je suis un peu fébrile, et sans grand espoir, je regarde le résultat sur mon espace en ligne quelques minutes après. 5 fautes. Je suis tellement contente que j’en pleurerais presque. Même le gentil monsieur a l’air ravi pour moi, quand je reviens vers lui pour avoir la confirmation que « favorable » signifie bien que j’ai réussi, et non pas « c’est pas trop mal, mais essaie encore. ».

Deux jours plus tard, je retourne à l’auto-école le précieux sésame en poche. La secrétaire pose déjà les six premières heures, la première dès le lendemain. Et vous savez quoi? J’ai hâte d’apprendre à conduire.

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