Sisters.

Je suis née dans les années 80, dans une famille somme toute assez classique. Un père ouvrier, une maman qui travaillait comme secrétaire et qui passait le plus clair de son temps libre à s’occuper de ses enfants et de l’intendance de la maison. Très vite, j’ai rejeté avec force ce modèle. Très tôt, je n’ai eu qu’une obsession: partir. Découvrir le monde, voyager, loin de ces tours de béton qui bornaient mon paysage. Du bitume, partout. M’émanciper, devenir autonome, grandir: ce triptyque récité comme un mantra a écourté mon enfance.

Au fil de mon parcours, j’ai de manière plutôt autodidacte découvert le féminisme. Je l’ai revendiqué, avec force, passion, et souvent, colère. A 30 ans passé, j’ai l’impression de commencer à saisir sa véritable essence.

Le féminisme, pour moi, c’est la liberté d’être qui on a envie d’être, et accompagner, revendiquer, garantir cette liberté pour chacune des femmes de cette planète. Qu’on ait envie d’être mère, de ne pas avoir d’enfant, d’allaiter, de ne pas le faire, de porter des talons, de laisser pousser nos poils, de travailler, de faire l’amour, de se raser la tête: aucune démarche n’est plus féministe qu’une autre. Faire nos choix librement, consciemment et aider nos soeurs, nos mères, nos collègues, nos amies, chaque femme que l’on rencontre à faire de même, sans juger, voilà pour moi un acte de militantisme essentiel.

La sororité – quel mot magnifique – je l’ai expérimenté il y a quelques mois lors d’un cercle de femmes proposé au festival Sisterhood in Health avec la magnétique Alexandra. Et ce fut le point de départ d’un cheminement incroyable. Imaginez-vous, cinquante femmes, en cercle, se tenant la main, dans une atmosphère embaumée de sauge blanche, transcendée par une musique nous rappelant étrangement des échos lointains. Je crois n’avoir jamais ressenti une telle puissance. Une telle force. Un tel courage. Ce-jour là, j’ai repensé à toutes ces fois où j’ai entendu des phrases du type « les femmes, entre elles, de vraies pestes! ». D’une banalité affligeante, parfois prononcées par les femmes elles-mêmes, parce que tellement intériorisées et considérées comme une vérité immuable. Ce toutes contre toutes dans lequel on a grandi et dans lequel grandiront nos filles si nous n’y prenons pas garde, cette quasi injonction à nous diviser, la voilà notre plus grande et terrifiante aliénation.

Suite à cette initiation, je n’ai jamais plus arrêté les cercles de femmes. Et tout ce que je peux vous dire, c’est que depuis, j’ai fait les choix les plus nécessaires et les plus exaltants de toute ma vie. Cette lettre que je devais écrire à mon père? Cette demande de mutation en Amérique du Sud? Cette réappropriation de mon propre corps? Des étapes franchies, des défis surmontés en seulement quelques mois.

Les filles, ensemble, nous pouvons tout. Nous sommes fortes, nous sommes puissantes, nous sommes unies. Nous ne sommes pas seules, jamais.

Plus d’infos:

Cercles de femmes avec Alexandra (mais n’hésitez pas à vous documenter pour trouver celui qui vous convient): http://www.moonsisters.fr et plein d’infos sur le compte instagram Moonsisters Paris

On en parle dans… La Puissance du Féminin de Camille Sfez (Petit conseil, aller en librairie et commencer par lire l’introduction pour vous faire une idée.)

Cette vidéo de trois minutes, qui me donne des frissons à chaque fois:
https://www.youtube.com/watch?v=WkOsH2KtW3o

Pour s’inscrire à la session 2019 du festival Sisterhood in Health:
http://www.sisterhoodinhealth.com/

2 commentaires sur « Sisters. »

  1. Alors, pour ma part je ne suis pas féministe, mais j’aime le principe de sororité. En revanche, je fais partie de ces femmes qui disent les femmes sont de vraies pestes entre elles. Il n’y a rien de plus vrai malheureusement, dans le monde du travail surtout, ou dès qu’il y a un sentiment de compétition quelconque. Evidemment, c’est une généralité. Avec mes 27 petites années dans cette vie, et mes nombreuses expériences déjà, je peux me permettre d’émettre des généralités. La sororité, la solidarité, la générosité existent surtout quand la jalousie n’est pas, quand l’envie n’est pas, quand la personne est bien dans ses baskets, qu’elle apprécie de te voir heureuse au lieu de te maudire de posséder ce qu’elle n’a pas.

    J'aime

  2. Merci de ton retour et du temps que tu consacres à lire mes articles. Je pense que nos croyances dépendent en grande partie de notre vécu, de notre éducation. Et à mon sens, le problème réside dans cette notion qu’on nous inculque depuis l’enfance: « l’autre est notre ennemie, notre concurrente, si on veut s’épanouir, il faut la coiffer au poteau! ». Les hommes aussi, bien sûr, sont élevés avec des croyances limitantes, mais on les éduque davantage à la fraternité. La rivalité masculine est perçu comme un challenge, l’ambition des femmes comme de l’arrivisme. Enfin, c’est mon point de vue, évidemment. 🙂

    En ce qui me concerne, les personnes qui m’ont le plus encouragées dans ma vie, dans tous les défis que je voulais relever ont surtout été des femmes. Elles m’apportent une énergie folle, et par ce modeste blog, j’aimerais tellement faire de même!

    Douce journée à toi.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :